Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a proposé une réduction historique du budget ordinaire 2026 de l’organisation, de l’ordre de 15 %, soit environ 500 millions de dollars.
Cette coupe drastique s’accompagnerait de la suppression de près de 2 700 postes, dans un contexte marqué par une crise de liquidités chronique et par les pressions politiques de Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Le projet de budget révisé ramène les dépenses à 3,23 milliards de dollars, contre 3,7 milliards initialement prévus. Guterres a assuré que l’effort serait réparti entre les trois piliers de l’ONU (paix et sécurité, droits humains, et développement durable) tout en épargnant certains programmes essentiels, notamment ceux destinés aux pays les plus pauvres. Mais il a reconnu que de nombreux employés seraient concernés par des relocalisations vers des destinations moins coûteuses que New York ou Genève, et que certains postes seraient tout simplement supprimés.
Ces restrictions financières sont en grande partie liées aux arriérés des États membres. Les États-Unis, premiers contributeurs avec 22 % du budget, n’ont pas versé un seul dollar depuis l’élection de Donald Trump et cumulent 1,5 milliard de dettes vis-à-vis de l’organisation. La Chine, deuxième contributeur, a également retardé le paiement de sa part, n’effectuant son versement qu’en toute fin d’année 2024.
Pour Antonio Guterres, cette révision s’inscrit aussi dans le cadre de l’initiative « ONU80 », censée améliorer l’efficacité de l’organisation à l’approche de son 80e anniversaire. Des regroupements administratifs, des fermetures de bâtiments onéreux à New York et des transferts de missions vers des pays à coûts réduits font partie des mesures envisagées pour rationaliser les dépenses.
Le budget révisé doit maintenant être discuté par les États membres avant son adoption par l’Assemblée générale d’ici la fin de l’année. Mais au-delà des chiffres, cette réduction illustre la fragilité croissante de l’ONU, dépendante de contributions étatiques incertaines et fragilisée par les stratégies de repli et de désengagement des grandes puissances.





