La Norvège a reconduit lundi son Premier ministre travailliste Jonas Gahr Støre après des élections législatives qui ont offert à la gauche une courte majorité. Mais ce scrutin restera marqué par la percée spectaculaire du Parti du Progrès (FrP), formation populiste et anti-immigration, qui signe le meilleur score de son histoire.
Selon les projections des télévisions publiques, les cinq partis de gauche réunis obtiendraient entre 87 et 88 sièges sur les 169 du Storting, le Parlement norvégien, contre environ 81 pour le bloc de droite. Avec 28 % des voix, le Parti travailliste de Støre demeure en tête, mais il devra composer avec une coalition hétéroclite allant des centristes aux socialistes radicaux. « On savait que ce serait serré, et ça l’a été. Mais nous avons réussi », a déclaré le Premier ministre de 65 ans devant ses partisans.
La véritable surprise est venue du Parti du Progrès, conduit par Sylvi Listhaug, qui a rassemblé près de 24 % des suffrages, soit plus du double de son score de 2021. Tirée par le vote des jeunes électeurs, notamment masculins, cette formation devient la première force d’opposition et devance largement les conservateurs d’Erna Solberg, tombés à un peu plus de 14 %. « Ce soir, nous allons célébrer le meilleur résultat de tous les temps, et ce n’est que le début », a promis Listhaug, se posant déjà comme l’alternative future au pouvoir.
La campagne a tourné autour des questions de pouvoir d’achat, de fiscalité et de services publics dans ce pays riche de 5,6 millions d’habitants, mais également autour de l’immigration, thème qui a fortement mobilisé l’électorat populiste. Listhaug a appelé à « reprendre le contrôle » et à mettre fin à ce qu’elle qualifie de « gaspillage » de l’État, plaidant pour une baisse des impôts et un durcissement des politiques migratoires.
Le nouveau mandat de Støre s’annonce délicat : gouvernant probablement en minorité, il devra naviguer entre des alliés aux positions divergentes sur le climat, le pétrole ou les relations avec l’Union européenne. Mais le scrutin confirme une tendance : la poussée des partis populistes en Europe du Nord, portée par la question migratoire et le rejet d’un État jugé trop dépensier. En Norvège comme ailleurs, l’équilibre politique devient de plus en plus précaire.





