Les opérations de maintien de la paix de l’ONU en Afrique sont aujourd’hui menacées par une décision brutale de Donald Trump.
Le président américain a annulé pas moins de 4,9 milliards de dollars d’aide étrangère, dont 800 millions destinés directement au financement des missions de l’ONU. La moitié de ces opérations se déroulant sur le continent africain, l’impact pourrait être dévastateur, notamment pour la sécurité des civils dans des pays déjà fragilisés par les conflits comme le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
Dans une note transmise au Congrès, l’administration Trump ne cache pas son mépris pour ces opérations onusiennes, qualifiées d’échecs coûteux et gangrenés par la corruption. Washington dénonce un gaspillage de fonds publics et pointe du doigt les scandales qui ont éclaboussé certaines missions, notamment en Centrafrique et en RDC où des cas d’exploitation et d’abus sexuels ont été documentés. Pour Trump, l’ONU détournerait même une partie des sommes allouées au maintien de la paix à d’autres usages jugés inutiles.
Cette décision plonge l’ONU dans une crise financière inédite. Selon ses propres estimations, il manquerait désormais 2,7 milliards de dollars pour assurer le financement normal des opérations de paix dans le monde. Sous pression, l’organisation a dû lancer un plan d’austérité baptisé ONU 80. Ce dispositif prévoit un gel des embauches, une réduction massive des dépenses et même la suspension de certaines activités jugées non prioritaires.
Les conséquences pourraient être particulièrement lourdes en République démocratique du Congo, où la Monusco, l’une des plus grandes missions de maintien de la paix de l’ONU, est directement visée. Selon le média Africa Intelligence, un retrait de 4 000 casques bleus serait déjà à l’étude. Ce chiffre représente près d’un tiers des effectifs de la mission et pourrait précipiter une détérioration de la sécurité dans l’est du pays, encore marqué par la présence de groupes armés.
Les missions africaines ne sont pas les seules concernées. Les États-Unis ont également refusé de financer, via l’ONU, la mission de l’Union africaine en Somalie, l’Aussom, pourtant essentielle pour contenir la menace des islamistes d’al-Shebab. Privée de soutien financier solide, cette opération risque elle aussi de se retrouver paralysée dans les prochains mois, fragilisant un pays déjà au bord de l’implosion.
Cette politique américaine s’inscrit dans une ligne souverainiste et isolationniste assumée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Le président considère que les milliards versés à l’étranger seraient mieux utilisés pour renforcer l’économie américaine et protéger les travailleurs du pays. Mais sur le terrain africain, les inquiétudes grandissent : sans le soutien des casques bleus, des millions de civils risquent de se retrouver sans protection face aux groupes armés, aux jihadistes et aux milices locales.
Pour l’heure, l’ONU espère trouver d’autres bailleurs pour compenser ce désengagement américain. Mais les regards se tournent désormais vers la Chine, la Russie ou encore le Qatar, qui participent déjà aux efforts diplomatiques dans la région. La réunion de suivi de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, organisée cette semaine, illustre cette recomposition. Les alliés traditionnels de l’Afrique se retirent, tandis que d’autres puissances avancent leurs pions. Une nouvelle ère s’ouvre pour les opérations de maintien de la paix, et elle pourrait bien se faire sans l’ombre américaine.





