Venezuela : mais qui dirige le cartel ?

Date:

Depuis des mois, Donald Trump n’a cessé d’accuser le président vénézuélien, Nicolás Maduro, d’être à la tête du « Cartel des Soleils », une soi-disant structure mafieuse aux ramifications internationales et responsable d’« inonder de drogue les États-Unis ».

Depuis son arrestation spectaculaire en pleine nuit, au cœur du palais de Miraflores à Caracas par les forces spéciales américaines, l’argument de la lutte contre le narcotrafic a pris du plomb dans l’aile. Selon le New York Times, lors de son audience devant un juge du tribunal du district sud de New York lundi dernier, « les procureurs ont maintenu leur accusation contre M. Maduro pour participation à un complot de trafic de drogue, mais ils ont abandonné l’argument selon lequel le Cartel des Soleils était une organisation réelle ».

En avril dernier, un rapport du renseignement militaire américain avait déjà écarté l’hypothèse d’une connivence entre un autre cartel, « Tren de Aragua », producteur et exportateur de cocaïne à destination des États-Unis. Depuis, l’argument utilisé pour déboulonner Maduro s’était concentré autour du mystérieux cartel, composé censément de hauts gradés de l’armée. D’autres acteurs étaient régulièrement cités comme pilotant ces activités. Notamment le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, qui d’autre part dirige en sous-main les milices populaires, véritables bras armés du régime, baptisées « colectivos ». Cabello est un personnage clé du régime chaviste au Venezuela. Avec le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez qui lui dirige l’armée, contrôle les armes et le pétrole, ils ont mis en coupe réglée tout le pays.

Depuis que Maduro a été capturé, on aura remarqué que Donald Trump n’a pas paru plus pressé que ça d’installer l’opposition au pouvoir à Caracas. Il a renouvelé son estime à sa cheffe, Maria Carina Machado, mais a douté en public de ses capacités à gouverner. De même, Eduardo Gonzales, pourtant désigné par les États-Unis et l’Europe comme le véritable vainqueur des élections de 2024, ne s’est pas vu attribuer son titre depuis l’intervention américaine. Il en ressort donc que, quand Trump affirme que les États-Unis contrôlent le Venezuela, ceux-ci s’appuient sur les structures existantes et sur les personnages cités précédemment, avec comme nouvelle cheffe d’orchestre, Delcy Rodriguez, elle-même chaviste pure et dure, surnommée la « Tigresse » par Maduro en raison de la violence de ses diatribes anticapitalistes dirigées essentiellement contre les États-Unis.

Il en ressort que, si l’on raisonne correctement, les États-Unis sont intervenus pour stopper le trafic de drogue au Venezuela qui mine la jeunesse américaine, qu’ils en ont retiré la tête et qu’ils contrôlent désormais le pays en s’appuyant sur ses associés. Faut-il en conclure qu’à présent, les États-Unis sont à la tête du cartel ou bien que tout cela n’était qu’un prétexte et que l’objectif véritable était le pétrole ? La réponse est dans la question.

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img
Omerta

GRATUIT
VOIR