Un millier de militants ont pris la route ce lundi 9 juin depuis Tunis en direction de la bande de Gaza, dans une initiative symbolique baptisée « Soumoud » – la résistance.
À bord d’une dizaine d’autocars, des hommes, des femmes, des médecins et des militants de tous âges, principalement tunisiens, mais aussi algériens, marocains, mauritaniens et libyens, espèrent atteindre Rafah d’ici la fin de la semaine. Leur but : braver le blocus israélien qui affame la population palestinienne depuis plus de vingt mois.
Contrairement aux convois maritimes récemment interceptés, cette caravane terrestre n’apporte aucune aide humanitaire mais revendique une portée politique forte. Les participants entendent dénoncer le siège imposé à Gaza, que l’ONU décrit aujourd’hui comme « l’endroit le plus affamé au monde ». Les organisateurs, réunis au sein de la Coordination tunisienne d’action commune pour la Palestine, affirment que la traversée de la Libye se fera sans difficulté, en dépit de l’instabilité chronique du pays. En revanche, l’Égypte n’a toujours pas délivré d’autorisation de passage vers Rafah, le principal point d’entrée vers Gaza.
Cette initiative fait écho à l’arraisonnement lundi par Israël du bateau Madleen, un voilier humanitaire qui transportait des militants internationaux, dont Greta Thunberg et l’eurodéputée LFI Rima Hassan. L’embarcation avait quitté l’Italie début juin avec l’intention de briser le blocus maritime, avant d’être stoppée net par la marine israélienne.
Le convoi « Soumoud » s’inscrit dans une dynamique régionale de mobilisation populaire en faveur de la Palestine, alors qu’Israël fait face à une pression internationale croissante pour autoriser un accès humanitaire réel à Gaza. Mais la route reste incertaine, entre instabilité géopolitique en Libye et fermeture hermétique du passage égyptien. Les organisateurs l’admettent eux-mêmes : « On verra ce qui se passera quand nous y arriverons. »





