Donald Trump a affirmé envisager « sérieusement » l’idée de faire du Venezuela le 51e État des États-Unis, une déclaration spectaculaire qui provoque déjà de fortes réactions en Amérique latine comme à Washington. Le président américain multiplie depuis plusieurs mois les références à une extension de l’influence américaine sur le continent, dans le prolongement de sa doctrine de puissance assumée dans l’hémisphère occidental.
Cette sortie intervient dans un contexte géopolitique totalement bouleversé depuis l’opération américaine menée début 2026 contre le régime de Nicolás Maduro. Après la capture de l’ancien président vénézuélien par les forces américaines et l’installation d’un pouvoir transitoire dirigé par Delcy Rodríguez, Washington a progressivement renforcé son contrôle économique et stratégique sur le pays, notamment dans le secteur pétrolier.
Donald Trump présente désormais le Venezuela comme un partenaire naturel des États-Unis en raison de ses immenses réserves énergétiques et de sa proximité géographique. Selon plusieurs médias américains, le président estime que l’intégration du pays permettrait de sécuriser durablement les approvisionnements pétroliers américains tout en réduisant l’influence chinoise et russe en Amérique latine.
La présidente par intérim vénézuélienne Delcy Rodríguez a immédiatement rejeté cette perspective, rappelant que le Venezuela « ne renoncera jamais à sa souveraineté ». Depuis La Haye, où elle participait à des discussions diplomatiques internationales, elle a dénoncé des déclarations incompatibles avec l’indépendance du pays et affirmé que les relations avec Washington devaient rester fondées sur la coopération entre États souverains.
Les déclarations de Trump s’inscrivent dans une stratégie plus large de réaffirmation de la puissance américaine dans la région. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain reprend régulièrement les références à la doctrine Monroe et assume une politique beaucoup plus agressive envers les gouvernements hostiles aux intérêts américains. Cuba, le Venezuela et certains pays alliés de Pékin sont désormais directement visés par cette logique de confrontation géopolitique.
Même au sein du camp républicain, plusieurs responsables américains jugent toutefois cette hypothèse juridiquement et politiquement irréaliste. Transformer le Venezuela en État américain nécessiterait non seulement l’accord du Congrès mais aussi celui des autorités et de la population vénézuéliennes, scénario aujourd’hui hautement improbable.





