C’est un tournant diplomatique majeur qui pourrait rebattre les cartes dans le conflit du Sahara occidental. Le Royaume-Uni, jusqu’ici partisan du principe d’autodétermination, a déclaré dimanche à Rabat considérer le plan d’autonomie marocain comme « la base la plus crédible » pour résoudre le différend qui oppose le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.
David Lammy, ministre britannique des Affaires étrangères, a exprimé ce soutien clair lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue marocain Nasser Bourita. Londres s’aligne ainsi sur la position de plusieurs capitales européennes, comme Madrid ou Berlin, qui ont récemment renforcé leur appui à la souveraineté marocaine sur ce territoire stratégique.
Alger n’a pas tardé à réagir, exprimant par communiqué son « profond regret » face à ce qu’elle considère comme un abandon de la neutralité historique britannique. Si le ministère algérien des Affaires étrangères note que Londres n’a pas explicitement reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, il dénonce un soutien implicite à « une occupation illégale » d’un territoire considéré par l’ONU comme non autonome.
Mais ce changement de cap britannique traduit un réalignement géopolitique plus large, où la stabilité régionale, la lutte antiterroriste et les intérêts économiques prennent le pas sur des revendications séparatistes jugées irréalistes par de plus en plus d’acteurs internationaux.
Le plan marocain de 2007, qui prévoit une large autonomie sous souveraineté marocaine, est désormais considéré par Londres comme « pragmatique et viable ». À quelques mois du 50e anniversaire du conflit, cette déclaration pourrait donner un coup d’accélérateur au processus diplomatique mené sous l’égide de l’ONU.
Malgré ses efforts pour maintenir la cause sahraouie dans l’agenda international, le Front Polisario, soutenu militairement et diplomatiquement par Alger, enchaîne les déconvenues. Le référendum d’autodétermination promis depuis 1991 par la MINURSO n’a jamais vu le jour, et les grandes puissances se détournent peu à peu de cette option jugée irréalisable sur le terrain.
À l’heure où le Maroc multiplie les partenariats économiques et sécuritaires en Afrique et en Méditerranée, cette nouvelle reconnaissance constitue une victoire diplomatique incontestable pour Rabat, et un isolement croissant pour le camp algéro-sahraoui.





