La RDC défend à l’ONU son protocole de désarmement des FDLR et accuse le Rwanda d’entraver sa mise en œuvre. Kigali conteste la démarche et refuse de considérer le dossier comme réglé.
À New York, la confrontation entre Kinshasa et Kigali s’est de nouveau déplacée sur le terrain des engagements pris à Washington. Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 septembre, l’ambassadeur congolais Zénon Mukongo Ngay a rejeté les accusations rwandaises de collaboration entre les FARDC, les FDLR et les combattants Wazalendo.
Un protocole au centre du bras de fer
La RDC avait annoncé fin juillet la signature d’un protocole avec une faction des FDLR portant sur leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement. Le dispositif doit permettre le dépôt des armes puis le retour des combattants au Rwanda ou leur accueil dans un pays tiers.
Kigali rejette cette initiative. Le ministre rwandais des Affaires étrangères l’a qualifiée de « non-événement », estimant qu’elle ne correspond pas aux engagements de l’accord de Washington du 27 juin 2025. Paul Kagame a lui aussi jugé les initiatives de désarmement « superficielles ».
L’accord prévoit la neutralisation des FDLR et le désengagement des forces rwandaises du territoire congolais. Or, plus d’un an après sa signature, ces deux engagements n’ont pas produit les résultats attendus.
À l’ONU, Kinshasa affirme pourtant vouloir poursuivre. « Toutes les fois qu’on évolue sur ce plan-là, le Rwanda plante des obstacles », a déclaré Zénon Mukongo Ngay, accusant Kigali d’avoir, par le passé, réorganisé certains combattants FDLR rapatriés avant de les renvoyer en RDC. Le diplomate soutient également que Kigali ne souhaite pas voir ces combattants rentrer au Rwanda.
Le Groupe de contact international, qui réunit notamment les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et plusieurs pays européens, a adopté une position plus prudente. Dans une déclaration du 13 août, il a demandé à Kinshasa de présenter rapidement un plan d’action et un calendrier réaliste pour une neutralisation effective des FDLR. Il a aussi appelé la RDC à travailler avec la MONUSCO et rappelé que toute collaboration opérationnelle avec des éléments des FDLR serait contraire aux accords de Washington.
La question dépasse le face-à-face entre Kinshasa et Kigali. Le processus repose sur plusieurs médiations : Washington pour la relation RDC-Rwanda et Doha pour le dialogue entre Kinshasa et l’AFC/M23. En août, les parties ont renforcé les mécanismes de suivi de l’accord de Washington avec l’appui des États-Unis, du Qatar, du Togo et de l’Union africaine.
La prochaine étape sera celle de l’exécution. Kinshasa devra démontrer que son protocole produit un désarmement vérifiable des FDLR. Kigali devra, de son côté, répondre à la question du retrait de ses forces si la menace invoquée est effectivement neutralisée. C’est sur ce point que se jouera la crédibilité du processus de Washington.
Martin Alliot





