RDC : le M23 annonce un retrait d’Uvira sous pression internationale

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Le groupe armé AFC/M23 affirme avoir entamé le retrait de ses troupes de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, après plusieurs jours d’occupation militaire. Selon un communiqué de sa branche politique et des témoignages concordants recueillis sur place, les premiers convois auraient quitté la ville mercredi en direction du nord, sur l’axe reliant Uvira à Kamanyola, empruntant la même route que lors de leur offensive début décembre.

Le mouvement rebelle assure que ce retrait, présenté comme « unilatéral », devrait être achevé dans un délai de quarante-huit heures. Le porte-parole militaire du groupe, Willy Ngoma, a confirmé des mouvements de troupes hors de la ville sans préciser les zones de repli ni les effectifs concernés. Sur le terrain, des habitants évoquent des colonnes de combattants lourdement équipés quittant Uvira, laissant planer une forte incertitude sécuritaire sur l’après-retrait.

La prise d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu située à proximité directe de la frontière burundaise, avait marqué une nouvelle étape dans l’expansion territoriale du M23 après Goma et Bukavu. Cette avancée avait provoqué une réaction immédiate de Washington, qui avait dénoncé une violation flagrante des engagements récents et mis directement en cause le Rwanda, accusé de soutenir militairement le groupe rebelle. Kigali continue de rejeter toute implication officielle.

Le retrait annoncé intervient dans un contexte de fortes pressions diplomatiques, notamment américaines, exercées après la signature d’un accord à Washington censé stabiliser l’est congolais. Pour plusieurs observateurs régionaux, cette manœuvre viserait avant tout à desserrer l’étau international, sans garantie réelle de désescalade durable. Les autorités congolaises ont d’ailleurs appelé à la plus grande prudence, mettant en doute la sincérité et la transparence de l’opération.

Kinshasa s’interroge sur la réalité du retrait, sur l’identité des forces qui assureront la sécurité de la ville et sur le risque de redéploiement déguisé. Le gouvernement redoute notamment la présence de combattants dissimulés parmi la population civile ou la mise en place d’un contrôle indirect par des milices affiliées. L’absence de mécanisme de vérification indépendant alimente ces soupçons.

Au-delà d’Uvira, la séquence illustre la fragilité chronique des accords de paix dans l’est de la RDC, région convoitée pour ses ressources minières stratégiques et théâtre d’ingérences multiples depuis plus de trois décennies. Alors que des centaines de milliers de civils ont été déplacés par les récents combats, le retrait annoncé du M23 apparaît moins comme une solution politique que comme un ajustement tactique dans un conflit où les rapports de force régionaux et les intérêts extérieurs continuent de peser lourdement sur la souveraineté congolaise.

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