Présidentielle verrouillée au Bénin : une campagne à deux visages s’ouvre sous tension

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La campagne présidentielle s’est officiellement ouverte au Bénin, lançant une course resserrée pour succéder à Patrice Talon après dix années de pouvoir. Le scrutin, prévu le 12 avril, oppose seulement deux binômes dans un paysage politique largement recomposé.

D’un côté, le duo formé par Romuald Wadagni et Mariam Talata incarne la continuité du pouvoir en place. Soutenus par les principales formations représentées au Parlement, ils apparaissent comme les favoris d’une élection où l’appareil institutionnel joue un rôle déterminant. Le ministre des Finances, considéré comme l’héritier politique de Patrice Talon, promet de prolonger les réformes engagées depuis 2016.

Face à eux, Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou portent les couleurs d’une opposition modérée, affaiblie par l’absence de certaines figures majeures. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’a pas été en mesure de présenter de candidat faute de parrainages suffisants, illustrant les contraintes croissantes pesant sur le jeu démocratique béninois.

Cette configuration à deux blocs souligne une évolution du système politique vers une compétition encadrée, où les marges de manœuvre de l’opposition apparaissent réduites. Le choix proposé aux électeurs se limite désormais à une alternance partielle plutôt qu’à une véritable rupture.

La campagne, qui doit s’achever début avril, s’annonce courte mais décisive. Les candidats disposent de quelques jours pour convaincre dans un contexte où les équilibres institutionnels semblent déjà largement établis.

Au-delà du scrutin, cette élection constitue un test pour la trajectoire politique du Bénin. Entre stabilité revendiquée et critiques sur le pluralisme, le pays joue une nouvelle étape dans la redéfinition de son modèle démocratique.

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