Le Rwanda a confirmé avoir accueilli sept premiers migrants expulsés par les États-Unis, marquant le début d’un accord controversé signé début août entre Kigali et Washington.
Ces arrivées, survenues à la mi-août, s’inscrivent dans la politique de déportation massive mise en œuvre par l’administration Trump, déjà appliquée au Salvador, au Soudan du Sud et en Eswatini.
Selon la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, trois de ces migrants ont demandé à retourner dans leur pays d’origine, tandis que quatre souhaitent s’installer au Rwanda et y bâtir une nouvelle vie. Kigali assure leur fournir un accompagnement social et médical. Le pays s’est engagé à en accueillir jusqu’à 250, confirmant sa volonté de se positionner comme un partenaire stratégique de Washington sur les questions migratoires.
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Ce partenariat rappelle le précédent accord signé entre Kigali et Londres, qui avait fait polémique avant d’être annulé par le gouvernement britannique en 2024. Pour de nombreux observateurs, ces accords représentent pour le Rwanda une opportunité financière mais aussi un levier politique dans les négociations en cours sur le conflit avec la République démocratique du Congo. Le rapprochement avec Washington intervient d’ailleurs au moment où les discussions de paix entre Kigali et Kinshasa ont repris au Qatar.
L’administration Trump, qui avait déjà envoyé huit migrants d’origines diverses au Soudan du Sud en juillet et cinq en Eswatini mi-août, peine toutefois à appliquer son plan de déportation à grande échelle. Le nombre limité de personnes transférées jusqu’ici illustre les difficultés logistiques et diplomatiques de ce programme.
En parallèle, d’autres pays africains comme l’Ouganda se disent prêts à accueillir des expulsés américains, renforçant la stratégie de Washington consistant à externaliser la gestion des migrants. Mais les critiques se multiplient contre une politique perçue comme brutale et imprévisible, qui place ces personnes dans des pays où elles n’ont souvent aucun lien ni origine.
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