Ils avaient contribué à faire tomber Andry Rajoelina. Un an plus tard, plusieurs militants de la génération Z malgache dénoncent les méthodes du pouvoir qui lui a succédé, affirmant que les espoirs de transformation politique n’ont été que partiellement satisfaits depuis l’arrivée du colonel Michael Randrianirina à la tête du pays.
La mobilisation avait commencé autour de revendications très concrètes, notamment les coupures chroniques d’eau et d’électricité. Le basculement d’une partie de l’armée aux côtés des manifestants avait précipité la chute du président Rajoelina, qui avait finalement quitté le pays. Michael Randrianirina avait été investi chef de l’État par intérim le 17 octobre 2025. Les violences liées à la crise avaient fait au moins 22 morts.
Les tensions sont réapparues lorsque plusieurs militants ont voulu protester contre la lenteur des réformes. Herizo Andriamanantena, l’une des figures du mouvement, affirme avoir été détenu pendant treize jours après une manifestation organisée en avril. D’autres activistes disent également avoir été arrêtés ou intimidés. Les autorités les avaient notamment soupçonnés de porter atteinte à la sécurité de l’État.
Le mouvement n’est toutefois plus uni. Une partie de ceux qui avaient participé aux manifestations soutient désormais le colonel Randrianirina et estime qu’il faut laisser du temps au nouveau pouvoir. D’autres considèrent au contraire que les pratiques politiques qu’ils dénonçaient sous l’ancien pouvoir n’ont pas disparu. Le chef de l’État s’est engagé à organiser des élections d’ici la fin de 2027.
Cette fracture illustre une difficulté récurrente des transitions politiques africaines : renverser un pouvoir ne garantit pas automatiquement une transformation rapide des institutions. À Madagascar, la question dépasse désormais le sort d’Andry Rajoelina et concerne la capacité des nouvelles autorités à respecter les engagements pris au moment de leur arrivée.
Le premier anniversaire du soulèvement se transforme ainsi en moment de vérité pour Michael Randrianirina. Le pouvoir issu de la contestation doit désormais convaincre qu’il peut répondre aux attentes économiques et institutionnelles d’une population jeune, dans un pays où environ 70 % des habitants ont moins de trente ans.





