L’UE critique le Hamas pour son refus du cessez-le-feu et Israël pour le blocage de l’aide à Gaza

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L’Union européenne a condamné, ce dimanche 2 mars, le refus du Hamas d’accepter la prolongation de la première phase du cessez-le-feu à Gaza, tout en dénonçant la décision d’Israël de bloquer l’entrée de l’aide humanitaire. Cette double critique reflète la complexité des négociations en cours et l’urgence d’une solution politique pour éviter une reprise des combats.

L’UE appelle à la reprise des négociations sur le cessez-le-feu

Dans un communiqué publié dimanche, Anouar El Anouni, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, a déclaré que “le refus du Hamas de prolonger la première phase du cessez-le-feu compromet les efforts diplomatiques visant à parvenir à une trêve durable”. L’Union européenne appelle les parties à reprendre les négociations sur la deuxième phase du cessez-le-feu, qui inclurait la libération des otages israéliens restants et un plan de reconstruction pour Gaza.

Le blocage des négociations intervient alors que les médiateurs égyptiens et qataris tentent d’obtenir un accord plus large, incluant l’arrêt des frappes aériennes et la protection des infrastructures civiles. Paris et Londres, de leur côté, ont proposé une trêve partielle d’un mois, excluant les combats terrestres, mais permettant d’assurer un accès sécurisé aux aides humanitaires.

Selon l’UE, toutes les parties ont une responsabilité politique pour éviter une reprise des hostilités. L’organisation européenne insiste sur la nécessité de garantir un accès humanitaire total, rapide et sans entrave aux populations civiles. L’UE a également rappelé qu’elle restait prête à réactiver sa mission de surveillance des frontières (EUBAM Rafah) afin de sécuriser l’acheminement des aides vers Gaza.

Israël bloque l’aide humanitaire, les ONG dénoncent un “crime de guerre”

Alors que le cessez-le-feu semble de plus en plus fragile, Israël a annoncé dimanche le blocage total de l’aide humanitaire à Gaza, en réponse au refus du Hamas d’accepter une prolongation de la trêve. Une décision qui a suscité de vives critiques, notamment de la part des Nations unies et des organisations humanitaires.

Cinq ONG israéliennes et internationales, dont Gisha et Médecins Sans Frontières, ont saisi la Cour suprême israélienne pour exiger la levée du blocus. Selon ces organisations, “Israël utilise le contrôle des frontières de Gaza comme une arme de guerre contre la population civile”, ce qui constitue “une violation du droit international et un crime de guerre”.

Depuis la mise en place du cessez-le-feu en janvier, l’ONU avait averti que Gaza était au bord de la famine, avec des pénuries critiques de nourriture, de médicaments et de carburant. Le blocage actuel aggrave encore la situation humanitaire, alors que plus de 2 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants, dépendent entièrement de l’aide extérieure.

Face à cette crise, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté Israël à rétablir immédiatement l’accès humanitaire. L’UE a également appelé à un retour immédiat des convois d’aide, soulignant que la population civile ne devait pas être prise en otage des tensions politiques.

Dans les prochains jours, l’Égypte accueillera une réunion des ministres des Affaires étrangères arabes, avant un sommet spécial sur la reconstruction de Gaza prévu mardi. Ce sommet sera l’occasion d’examiner les propositions de l’UE et des États-Unis pour un plan de stabilisation de Gaza après la guerre, tout en cherchant à exercer des pressions sur Israël et le Hamas pour éviter une nouvelle escalade militaire.

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