Les pays arabes adoptent un plan pour la reconstruction de Gaza

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Les dirigeants de la Ligue arabe, réunis mardi 4 mars au Caire, ont adopté un projet égyptien visant à financer la reconstruction de la bande de Gaza et à rétablir l’Autorité palestinienne dans l’enclave. Ce plan, présenté comme une alternative au projet controversé de Donald Trump, exclut le Hamas et appelle à une mobilisation internationale pour accélérer la reconstruction.

Un fonds pour la reconstruction et un retour de l’Autorité palestinienne

Le plan égyptien prévoit la création d’un fonds de 53 milliards de dollars sur cinq ans pour reconstruire Gaza, une estimation qui correspond aux évaluations de l’ONU. L’objectif est de garantir le maintien des 2,4 millions d’habitants dans le territoire et d’empêcher leur déplacement forcé, une crainte alimentée par le projet américain visant à les relocaliser en Égypte et en Jordanie.

Ce fonds financera une première phase de six mois dédiée au déblaiement des débris, au déminage et à l’installation de logements temporaires pour plus de 1,5 million de personnes déplacées. Les phases suivantes incluront la reconstruction des infrastructures essentielles, la construction de logements permanents ainsi que le développement d’un port commercial et d’un aéroport.

Le plan prévoit que Gaza soit administrée temporairement par un comité de technocrates palestiniens, en attendant que l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, en reprenne le contrôle. Cette initiative vise à marginaliser le Hamas, qui contrôle l’enclave depuis 2007 et n’est pas membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Un plan rejeté par Israël mais soutenu par l’ONU

Israël a rejeté ce plan, affirmant que l’Autorité palestinienne a prouvé son inefficacité et son incapacité à gouverner. Sur X, la diplomatie israélienne a accusé les dirigeants arabes de rejeter le plan américain “sans lui donner une chance équitable” et de “continuer à proférer des accusations sans fondement contre Israël”.

De son côté, l’ONU a apporté son soutien au projet égyptien. Le secrétaire général, Antonio Guterres, a affirmé que ce plan pourrait permettre une stabilisation de la région à condition qu’il soit mis en œuvre de manière coordonnée avec toutes les parties impliquées.

Le Hamas a salué la création du fonds de reconstruction, mais a rejeté toute tentative d’imposer une gouvernance sans sa participation. Sami Abou Zouhri, haut responsable du mouvement, a déclaré que “les armes de la résistance sont une ligne rouge et une question non négociable”.

Cette initiative intervient alors que le cessez-le-feu est menacé. Israël exige une “démilitarisation totale” de Gaza et menace de reprendre les combats, tandis que le Hamas réclame un cessez-le-feu permanent et la libération de tous les otages israéliens encore détenus. La mise en œuvre du plan égyptien reste donc incertaine face aux tensions persistantes.

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