Alors que les relations entre la France et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) restent profondément dégradées, le Togo tente de jouer un rôle de facilitateur dans ce dossier sensible. Réunis à Lomé ce week-end, plusieurs acteurs régionaux ont évoqué la possibilité d’un dialogue indirect, avec le Togo comme intermédiaire.
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a affirmé que son pays était prêt à mettre « son expertise en médiation » au service de la stabilité régionale. Lomé entend ainsi se positionner comme un pont entre le Sahel – notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso – et la communauté internationale, dans un contexte de tensions persistantes avec Paris.
Selon plusieurs sources, le Togo joue déjà un rôle actif en transmettant des messages entre les différentes parties. Ses relations jugées solides avec les autorités de transition au Mali, au Niger et au Burkina Faso constituent un atout dans cette démarche. Par ailleurs, les liens personnels entre Robert Dussey et son homologue français Jean-Noël Barrot pourraient faciliter les échanges.
Le pays ouest-africain serait notamment intervenu dans certains dossiers sensibles, comme celui d’une cargaison d’uranium au Niger impliquant plusieurs intérêts internationaux, ou encore pour apaiser les tensions autour d’un agent de renseignement français arrêté au Mali.
Si un rapprochement entre la France et l’AES devait se concrétiser, il pourrait dans un premier temps passer par une reprise de la coopération entre services de renseignement, selon des observateurs de la région. À ce stade, toutefois, toute perspective de normalisation reste incertaine, malgré les efforts de médiation engagés par Lomé.





