Lavrov dénonce un « projet géopolitique » : Moscou accuse l’Occident d’avoir fait de l’Ukraine un bélier contre la Russie

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Sergueï Lavrov a durci le ton sur la nature du conflit ukrainien, qu’il décrit désormais comme une confrontation globale opposant la Russie au bloc occidental.

Dans un entretien accordé à des médias turcs, le ministre russe des Affaires étrangères affirme que la guerre dépasse largement le cadre d’un affrontement entre voisins et s’inscrit dans un schéma stratégique visant à affaiblir, voire à « détruire » la Russie en tant que puissance souveraine.

Selon le chef de la diplomatie russe, l’Ukraine aurait été transformée dès l’indépendance en plateforme avancée de l’OTAN, utilisée pour installer une pression permanente aux frontières russes. Lavrov affirme que les pays occidentaux, convaincus que Moscou s’effondrerait après la chute de l’URSS, auraient méthodiquement préparé Kiev à l’intégration atlantiste. Il présente ainsi l’Ukraine comme un simple « pion », instrumentalisé pour créer des menaces directes contre la sécurité russe.

Dans cette logique, Moscou rejette toute perspective de cessez-le-feu à court terme. Lavrov soutient que chaque trêve précédente a servi, selon lui, à réarmer l’Ukraine et à renforcer ses capacités militaires. Il accuse le pouvoir ukrainien de rechercher une pause uniquement pour regagner du temps, reconstituer ses forces et intensifier la mobilisation. Le ministre russe reprend une rhétorique particulièrement brutale en affirmant que Kiev chercherait à « attraper » davantage d’hommes afin de les envoyer au front comme « chair à canon ».

Le chef de la diplomatie russe lie également la question des garanties de sécurité à la « nature du régime » ukrainien, qu’il qualifie de « nazi » et accusé de vouloir « éliminer tout ce qui est russe ». Il cite notamment des déclarations attribuées à Volodymyr Zelensky, présentées comme révélatrices d’une volonté d’éradication, et insiste sur le fait que, pour Moscou, le problème central n’est pas territorial mais idéologique : la Russie dit combattre un pouvoir qui viserait à effacer l’héritage historique russe dans les régions concernées.

Lavrov a enfin élargi son attaque au fonctionnement des Nations unies, accusant le secrétariat général de pratiquer le deux poids deux mesures. Il affirme avoir des « questions sérieuses » à poser à António Guterres, reprochant à l’ONU de s’aligner sur les intérêts occidentaux tout en oubliant certains principes de la Charte, notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pour illustrer ce qu’il considère comme une incohérence flagrante, il compare la posture onusienne sur le Groenland, où l’autodétermination est invoquée, à celle sur l’Ukraine, où ce principe serait ignoré.

Derrière cette séquence, Moscou cherche à imposer une lecture stratégique du conflit : non pas une guerre régionale, mais une bataille de souveraineté face à un ordre occidental jugé expansionniste. En plaçant l’OTAN et l’ONU au cœur de l’accusation, Lavrov consolide le récit russe d’un affrontement existentiel, où toute concession militaire ou diplomatique serait perçue comme une faille offerte à des adversaires déterminés à contenir durablement la Russie.

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