L’Allemagne pourrait réintroduire le service militaire obligatoire dès 2027 si les objectifs de recrutement de la Bundeswehr ne sont pas atteints par le volontariat. Cette perspective marque une nouvelle étape dans la transformation de la politique de défense allemande, alors que Berlin entend renforcer considérablement ses capacités militaires dans un contexte de tensions persistantes en Europe.
Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz ambitionne de porter les effectifs de l’armée de 185 000 à au moins 260 000 militaires d’ici 2035. Pour y parvenir, un service militaire volontaire a été instauré, accompagné d’un recensement obligatoire des jeunes hommes à leur majorité. Les premiers résultats apparaissent toutefois insuffisants. Sur près de 300 000 jeunes sollicités depuis le début de l’année, seuls quelques centaines se sont engagés.
Face à ces difficultés, le président de la commission de la Défense du Bundestag, Thomas Röwekamp, estime qu’une décision devra être prise au plus tard à l’été 2027. Si le volontariat ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés, le retour d’une forme de conscription deviendra, selon lui, une option incontournable. Le dispositif envisagé ne concernerait pas l’ensemble d’une classe d’âge mais uniquement le nombre de recrues nécessaire aux besoins annuels des forces armées.
Cette évolution illustre le changement de doctrine engagé par Berlin depuis plusieurs années. Longtemps marquée par une politique de retenue militaire, l’Allemagne investit désormais massivement dans son armée et souhaite jouer un rôle plus important au sein de la défense européenne. Les autorités invoquent la dégradation de l’environnement stratégique, la nécessité de renforcer les capacités européennes et les incertitudes entourant l’engagement américain sur le continent.
Au-delà des questions militaires, le débat ravive une réflexion plus large sur la place de la défense dans la société allemande. Suspendu en 2011, le service militaire obligatoire semblait appartenir au passé. Quinze ans plus tard, son éventuel retour témoigne de la profondeur des mutations géopolitiques qui conduisent plusieurs États européens à revoir leurs priorités en matière de sécurité et de préparation militaire.





