Sanctionné par les États–Unis en avril 2026, que Washington accuse d’avoir soutenu l’AFC/M23, l’ancien président congolais Joseph Kabila conteste son inscription sur la liste de l’OFAC devant un tribunal fédéral du district de Columbia. Il demande l’annulation de cette décision et rejette les accusations portées contre lui par l’administration américaine.
Le 30 avril, le département américain du Trésor a sanctionné Joseph Kabila, l’accusant d’entretenir des liens avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23. Selon Washington, l’ancien président aurait apporté un soutien financier aux groupes, encouragé des militaires congolais à rejoindre le mouvement armé et cherché à retrouver une influence politique en soutenant des forces opposées au président Félix Tshisekedi.
L’inscription sur la liste de l’OFAC entraîne le gel des avoirs concernés et interdit certaines transactions avec la personne sanctionnée. La fiche de l’OFAC indique Joseph Kabila comme « lié » au M23 et à l’AFC.
Washington présente cette décision comme une mesure destinée à soutenir ses efforts pour mettre fin au conflit dans l’est de la RDC. Le Trésor avait déjà sanctionné en mars les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables en raison de leur soutien au M23.
La décision intervient également dans le cadre du rapprochement engagé par Washington avec Kinshasa autour des accords de paix et de la coopération économique régionale, notamment dans le secteur des minerais critiques.
Kabila saisit un tribunal fédéral à Washington
Le 4 août, Joseph Kabila a déposé une plainte devant le tribunal fédéral du district de Columbia contre Bradley T. Smith, directeur de l’OFAC, et contre l’agence elle–même. Le dossier enregistré relève de l’Administrative Procedure Act, la loi américaine qui encadre notamment le contrôle juridictionnel des décisions des agences fédérales.
La plainte demande au tribunal de déclarer illégale la décision de Washington et d’ordonner son retrait. La défense juge les accusations vagues et insuffisamment étayées, contestant notamment les éléments avancés pour établir un soutien financier ou une implication personnelle de l’ancien président dans les activités de l’AFC/M23.
Joseph Kabila avait déjà rejeté publiquement les sanctions américaines, les qualifiant de « profondément injustifiées », politiquement motivées et fondées sur des accusations qu’il juge infondées. Washington maintient de son côté ses accusations. La procédure porte sur la légalité de la décision administrative prise par l’OFAC.
Les liens entre Kabila et l’AFC/M23 font également l’objet d’un examen international. Dans son rapport final publié en juin 2026, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC analyse notamment le rapprochement entre l’ancien président et des responsables de l’AFC/M23, ainsi que les ambitions politiques associées au mouvement. Les sanctions restent en vigueur et Joseph Kabila figure toujours sur la liste de l’OFAC.
Martin Alliot





