C’est un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé du Moyen-Orient : dans la nuit du 12 au 13 juin, l’armée israélienne a mené des frappes ciblées contre plusieurs installations militaires en Iran, provoquant la mort de deux des plus hauts responsables des forces armées du régime des mollahs.
Le général Mohammad Bagheri, chef d’état-major des forces armées iraniennes depuis 2016, et le général Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, ont tous deux été tués. Ces assassinats ciblés, d’une précision chirurgicale, marquent un tournant dans l’escalade entre Israël et l’Iran.
Le général Bagheri était bien plus qu’un militaire : il incarnait l’architecte discret mais redouté de la stratégie régionale iranienne, l’homme qui avait su combiner la puissance de l’armée régulière avec l’agilité des milices paramilitaires pro-iraniennes au Liban, en Syrie, en Irak ou au Yémen. Il fut aussi l’un des principaux artisans du développement du programme balistique iranien, ce qui en faisait une cible prioritaire pour Israël et les États-Unis. Salami, quant à lui, était la figure visible de la répression intérieure, connu pour son rôle central dans l’écrasement des manifestations de 2019 et 2022 et la surveillance impitoyable des opposants au régime.
Ce double assassinat, qui survient dans un contexte de tensions croissantes autour du programme nucléaire iranien et de la guerre à Gaza, a immédiatement suscité la fureur de Téhéran. Les Gardiens de la Révolution ont promis une « vengeance sévère et regrettable », et le guide suprême Ali Khamenei a juré une riposte « amère et douloureuse ». Officiellement, Israël justifie cette opération par la nécessité de neutraliser des infrastructures militaires et balistiques jugées menaçantes, mais l’ampleur de cette attaque soulève une question vertigineuse : Tel-Aviv a-t-il franchi un seuil dans la guerre de l’ombre qui l’oppose à l’Iran depuis des décennies ?
Ces frappes, qui auraient aussi visé des sites liés au nucléaire, surviennent alors que les négociations diplomatiques avec Téhéran sont dans l’impasse, et que la pression militaire s’intensifie sur plusieurs fronts. Le signal envoyé est clair : Israël ne reculera devant aucun obstacle pour empêcher l’Iran de renforcer son influence régionale ou de se doter de l’arme atomique. Reste à savoir si Téhéran se contentera de déclarations martiales… ou s’il lancera une riposte qui pourrait embraser toute la région.





