Iran : le tour de force de Trump

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« J’aime les beaux endroits, mais Versailles, c’est en or massif ». À la fin du sommet du G7 à Évian, le président américain n’a pas hésité une seconde devant la proposition qu’Emmanuel Macron lui a faite. Arrivé sur place en fin d’après-midi, Trump s’extasie encore sur l’or de Versailles. « Il y en a beaucoup. Je veux voir par moi-même. » Emmanuel Macron lui sert de guide. Les présidents traversent la Galerie des glaces puis une autre galerie consacrée à la guerre d’Indépendance américaine et un concert dans la chapelle royale.

Au dîner surprise ! Un conseiller a présenté au président un document électronique. C’est le « mémorandum de compréhension », l’accord avant l’accord avec l’Iran. Trump signe. Il est alors assis entre Brigitte et Emmanuel, sa femme Melania n’ayant pas fait le déplacement à Paris. À sa droite, un peu plus loin, Bernard Arnault glisse un œil vers le président américain tout occupé à sa signature. Le lieu est historique, le moment est historique. Tout le monde aura presque oublié que Trump, qui, depuis qu’il a posé le pied en France se comporte en empereur avec ses alliés, vient de choisir Versailles pour signer sa défaite.

Le document est accablant, à tous les niveaux. Trump aura beaucoup à s’enorgueillir d’avoir rouvert Ormuz, c’est l’addition à la fin qui est salée. Et en premier lieu, les réparations de guerre. Elles ont été fixées à 300 milliards de dollars et seront payées pour ne pas donner l’impression d’humilier l’Amérique par les pays voisins du Golfe.

Depuis, dans ses déclarations, Trump oscille entre un ton conciliant vis-à-vis de l’Iran et le vocabulaire de l’écrasement à destination du public américain. Fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars, dégel des avoirs, levée des sanctions, peut-être même taxe sur les navires qui transitent, levée MOU (mémorandum de compréhension) abordé aussi le nucléaire. Les Iraniens s’engagent par écrit à renoncer à chercher à obtenir la bombe atomique (une fatwa émise par Khomenei le leur interdisait déjà). Mais sur les stocks d’uranium enrichi, ils restent évasifs.

Toujours est-il que la pression qu’il y avait autour de Trump s’est évaporée. Il a quitté l’œil du cyclone, y laissant seul Benjamin Netanyahou, accusé d’avoir entraîné Trump dans cette aventure militaire désastreuse et de vouloir perturber le cessez-le-feu en continuant son offensive au Liban.

Les militaires ont d’ores et déjà cédé la place aux diplomates. Côté iranien, Araghchi et Qalibaf tiennent la dragée haute aux gardiens de la révolution. Chez les Américains, JD Vance a le vent en poupe. Il était le plus anti-guerre de l’administration. En menant les négociations, il embarque la base MAGA, furieuse de voir les USA à nouveau dans une guerre. C’est habile. Trump sauve la face et il n’aura pas eu à envoyer de troupes au sol.

Suite au prochain numéro…

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