Prenons le résultat des élections européennes de juin dernier : le Fidesz, parti national-conservateur d’Orban a obtenu 44,82 % des suffrages contre 29,6 % à la liste dissidente Tisza de Péter Magyar, membre du PPE. Ce qui lui accorde tout de même encore 15 % d’avance. Il est bien triste, mais pas surprenant, de lire dans les pages d’Ouest-France que le Fidesz serait d’extrême-droite.
Concernant la présidence tournante de l’Union européenne, que la Hongrie a exercé durant six mois à compter du 1er juillet dernier, rappelons tout d’abord qu’elle s’inscrivait dans le contexte des élections européennes c’est-à-dire une pose institutionnelle dans l’attente de la nomination de la nouvelle commission. Durant ce laps de temps, Viktor Orban a mené un marathon diplomatique, de Pékin à Washington en passant par Moscou et Bakou. Il a également marqué des points en reconnaissant la sincérité du scrutin législatif en Géorgie même si le résultat déplait aux milieux atlantistes bruxellois. Milieux atlantistes qui se frottent les mains puisque c’est la Pologne de Donald Tusk qui a récupéré la présidence tournante au 1er janvier 2025.
Rayonnement conservateur
Là où nous sommes d’accord avec Jean-Dominique Merchet, c’est bien sur le fait que Budapest est devenu « the place-to-be » en Europe pour les conservateurs américains et européens. L’équipe d’OMERTA qui s’est rendue à Budapest et Esztergom cet été pour couvrir l’université d’été du désormais célèbre Mathias Corvinus Collegium, a pu le constater et en rendre compte. Le retour aux affaires de Donald Trump va encore renforcer cette situation stratégique de la Hongrie car le président américain considère Orban comme un proche et un appui en Europe.
En attendant, Viktor Orban s’est allié avec Marine Le Pen au plan européen. Il peut aussi compter sur la Slovaquie de Robert Fico et sur la Serbie d’Alexander Vucic pour appuyer sa politique en Europe centrale et orientale.





