Hausse des prix à la pompe : vers un retour des Gilets jaunes ?

Date:

« Nous seulement on avait raison il y a huit ans, mais ça s’est aggravé », signale Jean–Christophe Thierry, militant Gilets jaune. La colère sociale gronde en France depuis quelque temps. Sous couvert d’une baisse significative du pouvoir d’achat, d’une forte inflation et d’une situation politique de plus en plus tendue, la flambée des prix du carburant vient cristalliser l’ire latente des classes perdantes du second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Sommes–nous à l’aube d’un grand retour de la France pour qui, comme le disait Coluche, le plus dur est la fin du mois… Surtout les trente derniers jours ?

Essoufflé par la pandémie du Covid–19, le mouvement des Gilets jaunes avait progressivement périclité. Né de la matrice de l’augmentation du prix des carburants automobiles dès novembre 2018, le mouvement avait rapidement pris de l’ampleur, rassemblant jusqu’à plusieurs milliers de personnes. Malgré la disparition du mouvement, la crise économique et sociale demeure. Les prix à la pompe ne cessent de grimper avec en moyenne 2,11 euros le litre pour le SP95–E10 et environ 2,35 euros le litre pour le gazole.

Plusieurs comptes sur les réseaux sociaux appellent à manifester le 17 octobre, au début des vacances de la Toussaint, dans le dessein de relancer le mouvement des Gilets jaunes. Or, aucun de ces appels ne semblent émaner de pages officielles, telles que Facebook ou Instagram. L’appel à manifester viendrait d’un individu inconnu de la sphère. Dans ce sillage, un amas de nouvelles vidéos et d’affiches, parfois générées par IA, abondent sur internet. En retour l’État et, plus singulièrement, les services de renseignement appellent à une vigilance particulière. Bien que le ministre de l’Intérieur reste « serein », jugeant ces appels peu inquiétants – car ils ne « rassemblent pas énormément de monde », selon lui – il affirme rester avisé pour la journée du 17 octobre.

Cette surveillance policière ne décourage pas quelques poches de résistances en activité depuis 2018 dans le plus grand secret médiatique. À Besançon, le samedi 19 septembre, une quinzaine de militants étaient sur le rond–point de Chalezeule. Un lieu qu’ils occupent sans interruption aux côtés de la figure du mouvement bisontin, Frédéric Vuillaume. Ce dernier note une hausse des effectifs depuis peu.

Du côté des politiques, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, candidat à la présidentielle, a demandé aux Français de se mobiliser contre cette recrudescence des prix des carburants. Il rappelait à la Fête de l’Humanité qu’il était impératif d’« envahir les ronds–points ». Jean–Luc Mélenchon, au même moment, martelait que le vote serait aussi décisif que l’« action ». Une invitation qui ne fait pas l’unanimité à gauche puisque François Hollande, actuellement député de la Corrèze, conteste les appels aux manifestations sur les ronds–points. Selon lui, cette tâche incombe aux « forces syndicales ». De la même manière, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sur la même ligne que l’ancien président de la République, n’invite pas formellement les Français à assiéger derechef les ronds–points. L’ancien ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a affirmé sur RTL que le contexte actuel de renaissance des Gilets jaunes est exactement le même qu’en 2018. Sébastien Chenu, député du Nord Rassemblement national demande aux Français de tenir « bon encore huit mois » avant les élections présidentielles.

Le mouvement des Gilets jaunes renaîtra–t–il de ses cendres ? Rendez–vous le 17 octobre sur les ronds–points de France.

Valentin Machut

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img