Goma : l’Union africaine ouvre le dialogue avec le M23, sans percée

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La visite, le 5 octobre, de facilitateurs de l’Union africaine (UA) à Goma a permis un contact direct avec l’AFC/M23, qui contrôle la ville. Aucun accord nouveau n’a toutefois été annoncé. La mission doit désormais s’inscrire dans un processus de paix où se croisent les initiatives de Doha, de Washington et de l’UA.

À Goma, le 5 octobre, une délégation du Panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) a rencontré des responsables de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). La mission, conduite par Sahle-Work Zewde, ancienne présidente éthiopienne, réunissait également Uhuru Kenyatta, ancien président kényan, et Mokgweetsi Masisi, ancien président botswanais. Selon le communiqué de l’UA publié le 7 octobre, les facilitateurs ont aussi consulté la MONUSCO, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le Comité international de la Croix-Rouge et le mécanisme élargi de vérification conjoint.

L’objectif était d’entendre les acteurs présents sur le terrain, d’évaluer la situation sécuritaire et humanitaire et d’identifier les conditions d’un rétablissement de la confiance. Mais aucune percée n’a été rendue publique. Le résultat immédiat tient à l’ouverture d’un canal de contact avec le mouvement rebelle, dans une région où les initiatives diplomatiques se succèdent sans mettre fin aux affrontements.

Une médiation à coordonner

Le panel s’inscrit dans une feuille de route de six mois, adoptée en juillet pour la période allant jusqu’en décembre 2026. Celle-ci prévoit des consultations de terrain, un dialogue avec les groupes armés, ainsi qu’un travail sur la sécurité, l’accès humanitaire, les ressources naturelles et la réconciliation. Elle doit également mieux articuler les efforts de l’UA avec les processus conduits à Doha et à Washington, entre Kinshasa et Kigali.

Dans son communiqué, l’UA a appelé au « strict respect des engagements de cessez-le-feu » et à une coopération complète avec les mécanismes de vérification. Le panel a également insisté sur la protection des civils, en particulier des femmes et des filles, la prévention des violences sexuelles et l’accès humanitaire sans entrave. Ces appels rappellent l’écart qui demeure entre les engagements diplomatiques et leur traduction sur le terrain.

Après Goma, la délégation s’est rendue au Rwanda, où Uhuru Kenyatta a rencontré le ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe. Elle est ensuite arrivée à Kinshasa, où une rencontre avec le président Félix Tshisekedi était prévue le 9 octobre.

Le défi reste celui de l’application. Tant que les engagements de cessez-le-feu ne permettront pas une baisse vérifiable des violences et une amélioration de l’accès humanitaire, le contact établi à Goma restera une simple étape diplomatique.

Martin Alliot

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