Géorgie : le Parlement européen appelle à une nouvelle élection, Tbilissi suspend sa demande d’adhésion à l’UE

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Un mois après les élections législatives en Géorgie, le Premier ministre du pays, Irakli Kobakhidze, a annoncé jeudi 28 novembre suspendre les négociations sur la demande d’adhésion de son pays à l’Union européenne. Une décision intervenue quelques heures après une résolution du Parlement européen demandant la tenue de nouvelles élections dans un délai d’un an.

La Géorgie suspend les négociations sur sa demande d’adhésion à l’Union européenne. C’est ce qu’a annoncé jeudi 28 novembre le gouvernement géorgien. Une décision faisant suite à une résolution du Parlement européen appelant à de nouvelles élections dans un délai d’un an dans le pays. Les députés ont ainsi considéré que le scrutin n’avait été “ni libre, ni équitable”. Ces derniers, ont également dénoncé “les nombreuses et graves violations électorales, y compris des cas documentés d’intimidation d’électeurs, de manipulation des votes, d’interférence avec les observateurs électoraux et les médias et de manipulations signalées impliquant des machines de vote électroniques”.

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze a estimé que l’UE utilisait le processus d’adhésion de la Géorgie comme un “instrument de chantage”. “Il est catégoriquement inacceptable pour nous de considérer l’intégration dans l’Union européenne comme une faveur qu’elle devrait nous accorder” a-t-il poursuivi. Ce vote de Bruxelles, intervient un mois après des élections tendues dans le pays. Accusé de dérive autoritaire pro-russe, le parti au pouvoir, Rêve géorgien, avait été reconduit à la tête du gouvernement en obtenant 54 % des suffrages. À l’issue du vote, la présidente géorgienne, qui possède également la nationalité française et née à Paris, Salomé Zourabichvili, avait dénoncé une “falsification totale” du résultat, appelant à des manifestations dans le pays.

“Gouvernement russe, méthodes russes”

Ces dernières heures, de nouvelles mobilisations ont eu lieu partout en Géorgie. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Tbilissi et dans d’autres villes afin de protester contre la décision du gouvernement de retarder à 2028 les négociations pour intégrer l’Union européenne. Dans la capitale Tbilissi, des heurts ont éclaté en manifestants et forces de l’ordres qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants. Selon les médias locaux, il y aurait eu plusieurs arrestations. Sur le réseau social X, la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, a dénoncé une “représsion”. “Gouvernement russe, méthodes russes” a-t-elle réagi plus tard dans la matinée du vendredi 29 novembre.

Dans sa résolution, le Parlement européen a “fermement condamné l’ingérence systématique de la Russie dans les processus démocratiques de la Géorgie”. Depuis plusieurs mois, les relations entre Bruxelles et Tbilissi sont tendues. En cause : l’adoption d’une loi controversée sur les “agents étrangers”. Un texte, inspiré d’une loi russe, prévoyant notamment que toute organisation recevant plus de 20% de ses financements de l’étranger doit s’enregistrer en tant qu’agent d’influence étrangère. Ce vote avait suscité l’indignation du chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell. Il avait notamment menacé la Géorgie de “suspendre l’aide financière au gouvernement”.

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