Dans un échange téléphonique enregistré par TV5MONDE au Cap-Vert, le président congolais a assuré Gianni Infantino de son soutien. À moins de cinq mois de l’élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars 2027, cette séquence intervient alors que le dirigeant italo-suisse bénéficie de l’appui officiel de la CAF, mais reste contesté sur sa gouvernance.
« On veut te faire payer le fait d’avoir amené beaucoup de pays africains » à la Coupe du monde, a déclaré Félix Tshisekedi à Gianni Infantino. La conversation, rendue publique le 26 octobre par TV5 MONDE, s’est déroulée en marge de la conférence stratégique de la Confédération africaine de football (CAF), organisée du 7 au 9 octobre sur l’île de Sal, au Cap-Vert. Le président congolais a ajouté : « Nous sommes de tout cœur avec toi. » Infantino lui a répondu : « Merci à toi, mon frère […] on est une famille. »
Une déclaration à cinq mois du scrutin
Le calendrier confère à cet échange une portée politique particulière. Gianni Infantino dirige la FIFA depuis 2016 et brigue un quatrième mandat lors de l’élection prévue en mars 2027 à Rabat, au Maroc.
Le 8 octobre, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a réaffirmé que les 54 associations africaines avaient adopté à l’unanimité une résolution en faveur de la réélection d’Infantino. Cette position avait été annoncée dès avril 2026.
Le caractère unanime de ce ralliement est toutefois contesté par le sélectionneur de la République du Congo, Claude Le Roy, qui affirme que plusieurs dirigeants africains ne partagent pas le soutien affiché par la confédération.
Le football africain, au cœur de la campagne
Gianni Infantino met en avant l’élargissement de la Coupe du monde masculine à 48 équipes en 2026, contre 32 lors des éditions précédentes, et le développement des financements de la FIFA. L’instance a investi plus d’un milliard de dollars en Afrique en dix ans. Le nombre de places attribuées aux sélections africaines a également augmenté. L’argument est important pour les fédérations du continent : davantage de qualifications signifie une visibilité accrue et, potentiellement, des recettes commerciales supplémentaires. Mais les critiques portent sur la gouvernance de la FIFA, la transparence de ses décisions et la concentration du pouvoir autour de son président. En août 2026, Infantino avait proposé de créer une société externe, FIFA Forward Enterprise, pour gérer les activités commerciales et les tournois avec des investisseurs privés. Le projet a été retiré après une opposition, notamment de l’UEFA.
Un soutien symbolique, pas un mandat congolais
Pour Félix Tshisekedi, cette prise de position constitue un signe public de proximité avec le patron du football mondial. Elle ne suffit cependant pas à établir l’existence d’un accord financier, d’un engagement de la Fédération congolaise de football ou d’une contrepartie institutionnelle.
L’échange révèle surtout la dimension politique des alliances qui se nouent autour de l’élection de la FIFA. À quelques mois du scrutin, Gianni Infantino dispose d’un soutien officiel important en Afrique. Reste à savoir dans quelle mesure cette unité affichée se traduira dans les urnes.
Martin Alliot





