Lors d’un échange sur X (anciennement Twitter), Elon Musk a remis en lumière le scandale des “grooming gangs” au Royaume-Uni, qui ont violé des milliers de jeunes filles entre les années 1980 et 2010 en Angleterre. Ses propos ont ravivé le débat sur un sujet qui a marqué l’histoire récente du pays.
L’intervention du milliardaire Elon Musk a été motivée par le témoignage poignant d’une survivante, partagé sur la plateforme sociale. Abusée à 14 ans lors d’une soirée, elle raconte avoir été séquestrée pendant quatre jours, violée, et abandonnée avec des antidépresseurs pour seul soutien. « J’étais malade, je m’urinais dessus, et je ne pouvais pas sortir du lit », témoigne-t-elle. Cette femme, dont l’histoire est emblématique d’un scandale systémique, a exprimé sa gratitude envers Elon Musk pour avoir mis en lumière ce scandale.
Le patron de X a multiplié les messages sur le sujet, dénonçant un manque d’action des autorités britanniques et ciblant directement le gouvernement travailliste de Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni. Elon Musk a notamment tweeté : « Les viols de masse en Angleterre sont toujours en train de se produire… Aucune enquête gouvernementale britannique sur le viol collectif de petites filles innocentes. Honte, honte, honte. »
Ces déclarations interviennent alors que les conservateurs britanniques réclament une nouvelle enquête nationale, proposition rejetée par le gouvernement travailliste, qui estime que les enquêtes passées suffisent.
Une mobilisation controversée pour certains
Les “grooming gangs”, souvent composés d’hommes d’origine pakistanaise, ont ciblé des jeunes filles vulnérables dans des villes comme Rotherham, Rochdale et Oldham. Le rapport Alexis Jay, publié en 2014, a révélé que 1 400 jeunes filles avaient été victimes d’abus sexuels à Rotherham entre 1997 et 2013. Ces crimes ont été facilités par des défaillances des autorités locales et de la police, certaines hésitant à agir par crainte d’être accusées de racisme. Elon Musk a également attaqué la ministre de la Protection de l’enfance, Jess Phillips, en la qualifiant d’« apologiste du génocide par le viol » pour avoir refusé une enquête nationale sur les abus à Oldham. En réponse, Keir Starmer a dénoncé les « mensonges et la désinformation » diffusés par le milliardaire, tout en rappelant ses propres efforts passés pour réformer les poursuites en matière d’abus sexuels lorsqu’il dirigeait le Crown Prosecution Services (CPS).
Si certains saluent les interventions d’Elon Musk pour donner une voix aux victimes, d’autres critiquent son soutien à des figures controversées comme Tommy Robinson, militant britannique hostile à l’immigration musulmane, et son implication dans des campagnes politiques, comme son soutien au parti populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD).
Le scandale des “grooming gangs” reste une plaie ouverte au Royaume-Uni. Pour les survivantes, les tweets de Musk, malgré leur perfectibilité, ont permis de raviver l’attention sur un scandale qui nécessite plus que des enquêtes : des mesures concrètes pour protéger les enfants et punir les coupables.





