En juillet dernier, le ministère de l’Éducation nationale indiquait que 3 200 postes de professeurs n’avaient toujours pas été pourvus, confirmant des difficultés à recruter. Dans son projet de loi de finances 2025, le gouvernement prévoit d’en supprimer 4 000. Il s’agira de départs à la retraite non remplacés ou de non renouvellement de contractuels. Une première depuis 2017 qui fait jaser. Du côté du 110 rue de Grenelle, on justifie cette mesure par le fait “qu’il y aura 97 000 élèves en moins à la rentrée prochaine”. Dans le détail, le premier degré public, qui concerne les écoles maternelles et élémentaires, connaîtra une baisse de 3 155 postes, tandis que le second degré (collèges et lycées) perdra 180 professeurs. Dans le privé, le premier degré va voir 660 enseignants partir et 40 pour le second degré selon les chiffres avancés par le ministère de l’Éducation nationale.
Ce n’est pas la première fois, que les enseignants se retrouvent amputés de leurs effectifs dans un contexte de pénurie. En septembre 2023, Gabriel Attal, alors à la tête du ministère annonçait la suppression de 2 500 postes de professeurs pour la rentrée 2024, alors même que 2 000 venaient d’être supprimés, en raison d’une baisse du nombre d’élèves. Finalement, l’ancien Premier ministre avait décidé d’annuler la suppression des 484 postes prévus dans le second degré et d’en créer 574 afin de mettre en œuvre la mesure appelée, “choc des savoirs”, censée “élever le niveau de l’école” selon le site du gouvernement.
Cette nouvelle amputation annoncée dans les effectifs des enseignants fait bouillir les syndicats. Sur le réseau social X, la Secrétaire générale de la FSU-Snuipp, Guislaine David, premier syndicat en maternelle et en élémentaire, a fustigé “un sabordage de l’école publique”. “Mais où est la priorité donnée à l’école, Anne Genetet (NDLR : la nouvelle ministre de l’Education nationale) ?”
Depuis plusieurs années, les classes du second degré font face à une augmentation constante de leurs effectifs. Selon les chiffres du ministère, il y avait en moyenne 30,3 élèves dans les classes de lycée en 2022 (contre 27,9 en 2010) et 25,9 en collège (contre 24,5 en 2010). Cependant, du côté du premier degré, les effectifs des classes baissent. En maternelle, ils étaient 22,4 en moyenne en 2022, contre 25,8 en 2010. En élémentaire, ils sont passés de 22,7 en 2010 à 21,6 en 2022.
Outre les suppressions de postes d’enseignants, le projet de loi de finances 2025 prévoit la création de 2 000 postes d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Une annonce passée totalement inaperçue. Dans un rapport publié en septembre, la Cour des comptes estimait qu’il y avait encore des efforts à faire concernant la prise en charge de ces enfants. Selon son président, Pierre Moscovici, ils étaient 436 085 en 2022, contre 155 361 en 2006. “Des difficultés subsistent pour garantir des parcours scolaires qui tiennent compte des besoins médicaux-sociaux des élèves” a souligné la Cour. De nouvelles mesures, tandis que le budget du ministère de l’Éducation nationale continue de monter. Selon le site internet de l’institution, celui-ci a augmenté de 14,2 milliards d’euros entre 2017 et 2025. Au 110 rue de Grenelle, on insiste également sur le fait d’être “le premier budget de l’État”.





