Donald Trump en sauveur du monde

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Hier un ami me racontait qu’il avait vécu l’élection de Donald Trump au Liban. Autour de lui, me disait-il, des gens de toutes confessions semblaient souhaiter ardemment la victoire de Trump. Ce même ami me disait s’être soudain rendu compte que de l’autre côté de la frontière, et alors que la guerre entre l’État hébreu et le Hezbollah faisait rage, beaucoup d’Israéliens pensaient la même chose. Cette attitude vis-à-vis du président américain élu triomphalement n’est pas propre à ces deux pays. L’Iran, de façon étonnante, a annoncé qu’elle retardait ses frappes de riposte à la dernière attaque israélienne, en attendant l’arrivée de Trump et pour donner une chance à la paix.

Nous vivons une époque folle où de la Géorgie à la Syrie en passant par la Roumanie, tout s’accélère, comme si le monde glissait au bord d’un gouffre, celui qui sépare la paix incarnée par un homme aux cheveux orange de la guerre totale. Le vieux monde est celui des néo-conservateurs, de l’Occident arc-bouté sur sa position dominante qui s’effrite. Face à lui, le Sud global s’affirme. L’affrontement fait rage, dans les rues de Tbilissi où les manifestants soutenus par l’Occident contestent violemment les résultats d’une élection pourtant démocratique. Il en va de même pour le résultat de l’élection en Roumanie où un candidat que personne n’attendait, jugé pro-russe, inquiète jusqu’au Département d’État américain qui se fend d’un communiqué : « Les progrès durement acquis par la Roumanie pour s’ancrer dans la communauté transatlantique ne peuvent être remis en cause par des acteurs étrangers qui cherchent à détourner la politique étrangère de la Roumanie et ses alliances occidentales ». Washington, fer de lance de la liberté n’aime vraiment pas quand un peuple s’apprête à élire quelqu’un qui risque de fragiliser l’architecture de l’OTAN, alliance dont on ne cesse depuis toujours de nous répéter qu’elle n’est que défensive…

Mettre un terme à la guerre en Ukraine

Quant à la Syrie, il devient chaque jour plus clair, en constatant l’équipement, l’armement et la formation, notamment aux drones, des rebelles djihadistes, que leur épopée fulgurante à travers le Levant ne saurait avoir comme unique objectif de renverser Bachar el-Assad pour instaurer un régime moins dictatorial. Peu importe aux occidentaux que leur chef Abou Mohamed al-Jolani adopte une gouvernance qui ressemblerait à celle des Talibans, pourvu que l’axe Damas et la côte où se trouvent les bases russes de Tartous et celle de Hmeimim soit coupé et que Poutine se retrouve isolé au Moyen-Orient. Cette offensive, lancée au lendemain de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, bénéficie aussi à l’État hébreu car si elle est victorieuse, elle conduira à couper le croissant chiite et la ligne de vie entre l’Iran et le Hezbollah.

Toutes ces crises se sont déclenchées lorsqu’il est devenu clair que la guerre en Ukraine était perdue et que dès son investiture, Donald Trump avait bien l’intention d’y mettre un terme. Comme disait le philosophe italien Antonio Gramsci « Le vieux monde se meurt. Le nouveau n’est pas encore né. Et dans le clair-obscur surgissent des monstres ». En attendant, un personnage jugé odieux, sexiste et quasiment fou par la presse mainstream et les élites occidentales il y a seulement un mois, se retrouve dans les conversations de gens que rien ne rassemble comme l’unique espoir de sauver la planète.

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