CPI : ouverture de l’audience visant le chef de guerre ougandais Joseph Kony

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La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert mardi 9 septembre ses audiences de confirmation des charges contre Joseph Kony, fondateur de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Mais le chef rebelle ougandais, introuvable depuis 2006, n’était pas présent. En fuite depuis près de vingt ans, il reste l’un des fugitifs les plus recherchés au monde, et cette procédure se déroule par contumace, une première pour l’institution basée à La Haye.

Joseph Kony, inculpé dès 2005 par la CPI, est visé par 39 chefs d’accusation, allant du meurtre à la torture, en passant par l’esclavage sexuel et l’enrôlement forcé d’enfants. Entre 2002 et 2005, la LRA a terrorisé le nord de l’Ouganda, multipliant les massacres et les enlèvements. Les Nations unies estiment que son mouvement a causé la mort de plus de 100 000 personnes et enlevé environ 60 000 enfants, utilisés comme soldats ou esclaves sexuels. Des témoignages glaçants évoquent des exactions d’une brutalité extrême, allant jusqu’au cannibalisme forcé.

Pour les procureurs, cette audience n’est pas un procès mais un préalable essentiel : si les juges confirment les charges, un procès pourrait s’ouvrir immédiatement si Kony venait à être arrêté. « Les répercussions de ces violences continuent à se faire sentir aujourd’hui », a rappelé le procureur adjoint Mame Mandiaye Niang, soulignant l’importance de reconnaître les souffrances des victimes, même en l’absence de l’accusé.

Près de 6 000 victimes participent à cette procédure. Pour leurs représentants, il s’agit d’un pas symbolique vers la justice. « Cela dira à ces victimes que ce qu’elles ont vécu compte, que l’impunité a une fin », a insisté l’une d’elles, Sarah Pellet. Beaucoup espèrent que cette mise en accusation relancera la traque du fugitif, que les experts situent encore dans des zones reculées d’Afrique centrale, notamment en Centrafrique.

Du côté de la défense, les avocats de Kony dénoncent un « gaspillage de temps et d’argent » et estiment que cette procédure risque de compliquer une éventuelle réconciliation en Ouganda. Certains rappellent que d’anciens membres de la LRA ont réintégré leurs communautés, et que rouvrir ces plaies pourrait fragiliser la paix relative acquise depuis 2006.

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