Costa Rica : la candidate de droite Laura Fernandez remporte la présidentielle dès le premier tour

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Le Costa Rica bascule nettement à droite. La candidate conservatrice au pouvoir, Laura Fernandez, 39 ans, a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour avec 48,3 % des suffrages, selon des résultats portant sur 94 % des bulletins dépouillés par le Tribunal suprême des élections. Un score largement au-dessus du seuil requis, qui lui permet d’éviter un second tour et d’imposer une ligne sécuritaire assumée.

Cette politologue, portée par une campagne centrée sur la lutte contre le narcotrafic et l’explosion de la criminalité, a fait de la « manière forte » son principal marqueur. Dans un pays longtemps présenté comme l’un des plus stables et des plus sûrs d’Amérique centrale, la multiplication des homicides liés aux cartels a profondément modifié les priorités électorales, reléguant les débats économiques au second plan.

Laura Fernandez entend s’inspirer partiellement de la stratégie menée au Salvador par Nayib Bukele, premier dirigeant à la féliciter publiquement. Son programme prévoit notamment la finalisation d’une méga-prison, un durcissement des peines, ainsi que la possibilité de recourir à l’état d’urgence dans les zones les plus touchées par la violence. Une orientation qui inquiète ses adversaires, qui dénoncent une pente « autoritaire » et une remise en cause progressive des contre-pouvoirs.

Lors de son discours de victoire, la présidente élue a cherché à désamorcer ces critiques en affirmant que le Costa Rica ne voulait « ni arbitraire ni autoritarisme ». Elle s’est présentée comme une « démocrate convaincue » et une « défenseure de la liberté », tout en attaquant frontalement les médias, dans la continuité du style du président sortant Rodrigo Chaves, son mentor politique, personnalité populaire mais fortement clivante.

L’opposition redoute que Chaves continue de diriger en coulisses et que la nouvelle majorité tente de modifier la Constitution, notamment pour permettre au président sortant de briguer un nouveau mandat, ce qui est aujourd’hui interdit. L’ancien chef de l’État Oscar Arias, prix Nobel de la paix, a même estimé que « la survie de la démocratie » était en jeu, voyant dans une réforme constitutionnelle un réflexe classique des régimes cherchant à se pérenniser.

Sur le plan parlementaire, la nouvelle présidente devrait pouvoir s’appuyer sur environ une trentaine de députés sur 57, une avance confortable mais insuffisante pour réviser seule la Constitution. Son mandat débutera le 8 mai, dans un pays marqué par un paradoxe politique : une baisse récente de la pauvreté, mais des inégalités persistantes et un coût de la vie parmi les plus élevés de la région. Dans ce contexte, la promesse d’ordre et de fermeté s’impose désormais comme la nouvelle boussole d’une partie croissante de l’électorat latino-américain.

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