Chute de Hama, nouveau revers pour l’armée syrienne

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En 1982, la ville syrienne de Hama fut l’objet d’un pilonnage méthodique de la part des troupes du gouvernement d’Hafez el-Assad. Coupée du monde pendant plusieurs semaine, les miliciens pro-régime et les bombardements tuèrent plusieurs dizaines de milliers d’habitants. A l’époque la ville était contrôlée par les Frères musulmans, ennemis traditionnels du régime syrien. Pour l’opposition, cette ville revêt donc le qualificatif de « martyre ». Pendant la guerre syrienne entre 2011 et 2019, elle resta dans le camp gouvernemental et il ne s’y déroula aucun combat. Depuis la chute d’Alep la semaine dernière, Hama représentait la nouvelle ligne de front entre l’armée syrienne et les rebelles djihadistes venus du Nord-ouest. Ce matin, la ville qui était quasi-encerclée est tombée, ce qui représente un nouveau revers pour le gouvernement syrien et un symbole de revanche d’y entrer pour l’opposition syrienne. Le gouvernement s’est déjà avéré incapable de sauver la première ville de Syrie, Alep, tombée la semaine dernière presque sans combat. Si l’armée s’est reprise depuis, cela n’a pas été suffisant à lui faire conserver Hama. Le front risque dès lors de se déplacer plus au Sud où bientôt, selon toutes vraisemblances, aura lieu une grande bataille pour Homs.

La Syrie pourrait se disloquer

         A ce stade, le pays est plongé dans l’incertitude. Après avoir tardé, les Russes sont entrés dans le jeu pour rétablir la coordination et contre-attaquer. Leur aviation est entrée en lice, menant des raids massifs, notamment sur Idlib, le fief de la rébellion. Ceux-ci n’ont visiblement pas suffi à endiguer la poussée des rebelles qui, depuis la chute de Hama, laisse désormais entrevoir à terme une partition de la Syrie.

Comme l’estimait depuis longtemps le chercheur Fabrice Balanche, le pays constitué d’une mosaïque ethnique est à risque de dislocation. Les Kurdes ont acquis dans le Nord, sous protection des Américains, une quasi-indépendance. Ils sont néanmoins menacés toujours par la Turquie qui pourrait ouvrir bientôt un front du côté de Kobane, mais restent en quelque sorte « protégés » par la présence américaine. Les rebelles djihadistes venus d’Idlib les ont déjà poussés vers l’Est à partir d’Alep où ils devraient abandonner bientôt leur quartier de Sheikh Maqsoud et de Bustan-al-Bach. Sur le front Sud, avant Homs, il reste encore plusieurs localités chrétiennes ou alaouites qui vont sans doute se battre contre les rebelles, car pour ces derniers c’est une question de vie ou de mort. Dans tous les cas, le sang devrait continuer à couler encore un moment au Levant et l’avenir de la Syrie est plus que jamais incertain…

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