Enquêtes

Wokipédia : à quoi tient l’apparence d’un consensus ? (3/3)

La lecture des articles est réservée aux abonnés

 Commençons par une brève définition. Sur Wikipédia, une guerre d'édition désigne un conflit entre plusieurs contributeurs qui débouche sur des réécritures successives de tout ou partie d'un article encyclopédique. Ces conflits peuvent éclater dans des domaines très différents. Suivant une page Wikipédia qui répertorie les guerres d'édition les plus futiles[1], on constate qu'il suffit parfois d'interrogations orthographiques (faut-il un accent sur le nom de la ville de Tokyo ?), de rumeurs (Arielle Dombasle est-elle née en 1953 comme l'affirme l'état civil ou en 1958 comme le prétendent certains fans ?) ou de régionalismes (faut-il parler de chicon ou d'endive ?) pour que des utilisateurs cherchent se livrent à de longs combats éditoriaux. Ces débats-ci ont, évidemment, de quoi prêter à sourire. Mais des conflits plus politiques ou idéologiques prennent aussi place sur Wikipédia et ils expliquent les dérives parfois lentes d'articles de la neutralité en direction de prises de positions partisanes. 
 

Histoire d'une modification Wikipédia

 
Avant d'aller en profondeur dans les guerres d'édition, un rappel sur le fonctionnement technique des modifications de l'encyclopédie s'impose. Mis à part pour des pages protégées (nous y reviendrons), tout utilisateur de Wikipédia peut modifier une page. Ce fonctionnement démocratique expose donc le travail encyclopédique à la vulnérabilité de changements intempestifs, de suppressions de paragraphes pertinents ou aux ajouts de fausses informations.

La solution proposée par Wikipédia à ce problème est une « patrouille » d'utilisateurs qui vérifie les contributions récentes. On parle de « Patrouille RC »[2] (RC pour Récentes Contributions). De manière continue, les contributeurs qui patrouillent se relaient pour faire défiler les modifications récentes[3] et éliminer les actes malveillants les plus manifestes. De nombreux outils sont à leur disposition pour filtrer les contributions (tri des modifications par taille, affichage des …

Mos Majorum

Soutenez un média 100% indépendant

Pour découvrir la suite, souscrivez à notre offre de pré-abonnement

Participez à l'essor d'un média 100% indépendant
Accédez à tous nos contenus sur le site, l'application mobile et la plateforme vidéo
Profitez de décryptages exclusifs, d'analyses rigoureuses et d'investigations étayées

Commentaires

Soyez le premier à ajouter un commentaire

À lire

[Analyse] États-Unis : le Congrès va débloquer 61 milliards de dollars pour l’Ukraine

La Chambre des représentants des États-Unis a dégagé une majorité pour voter 61 milliards pour l’Ukraine, 13 milliards pour Israël et 8 milliards pour Taïwan. Zelensky et Netanyahu se félicitent de cette décision qui financera, non sans arrière-pensées, leurs opérations militaires mais également le complexe militaro-industriel américain.

Perpignan : Éric Naulleau parraine le premier Printemps de la liberté d’expression

Est-on encore libre de s’exprimer en France où se heurte-on à diverses formes de censure dès lors que l’on critique le wokisme ou l’islamisme ? C’est l’interrogation que formulent chacun à leur façon les invités du premier Printemps de la liberté d’expression organisé au Palais des Congrès de Perpignan du 3 au 5 mai par le Centre Méditerranéen de Littérature. Une initiative salutaire qui rassemble Michel Onfray, Henri Guaino, Jean Sévillia, Georges Fenech, Boualem Sansal ou encore Alain de Benoist.

[Éditorial] Nouvelle-Calédonie : le dégel du corps électoral s’impose

Après trois échecs référendaires, les indépendantistes kanaks, soutenus et encouragés par des puissances étrangères, tentent de s’opposer au dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Un jusqu’au boutisme qui s’oppose à la volonté de la majorité des Néo-Calédoniens, soucieux de perpétuer les liens tissés depuis 1853 dans le respect des traditions de cet archipel du Pacifique.

Jeux Olympiques : une douche froide pour les hôtels parisiens

La période des Jeux Olympiques était censée être synonyme de franc succès pour les hôtels. A 120 jours de l’événement de l’année, de nombreuses chambres restent encore inoccupées pour l’occasion. Des prix exorbitants semblent freiner les clients. Les hôtels enclenchent la marche arrière et commencent à baisser leur prix.

CETA : le point sur ce dossier après le rejet du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada par le Sénat français

Le gouvernement français est gêné aux entournures par le rejet au Sénat du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, déjà entré provisoirement en vigueur et ratifié par l’ancienne Assemblée nationale. Une initiative communiste qui risque fort de revenir en débat fin mai à l’Assemblée nationale par le biais d’une niche parlementaire.

À Voir

Débat entre Régis Le Sommier et BHL