Économie

Voitures électriques : les Etats-Unis, la Chine…et la France ?

 
Alors que certains grands noms de l’automobile étaient absents du Mondial, les nouvelles marques électriques chinoises en ont profité pour y faire leur apparition. Inconnues du grand public, elles s’appellent BYD, Ora et Wey. Très puissantes dans l’immense marché chinois, (qui représente environ deux fois celui de l’Europe), elles se développent à l’international, espérant bien y remplacer les constructeurs déjà en place. Dans l’Empire du Milieu, on dénombre déjà pas moins de 300 constructeurs de véhicules électriques, dont BYD est le plus important, derrière Tesla, mais devant Volkswagen ! 

Si le Made in China jouit aujourd’hui d’une mauvaise image auprès de l’Europe, la voiture électrique chinoise pourrait bien changer la donne. En effet, alors que les constructeurs du pays le plus peuplé au monde n’ont jamais réussi à rattraper leur retard sur les véhicules thermiques, ils sont sur la même ligne de départ que les grands producteurs mondiaux pour les voitures électriques. Selon l’économiste Jean-François Dufour, « tout le monde repart de zéro » dans ce domaine. 

Pour favoriser leur développement, Pékin met les bouchées doubles. Instauration de quotas de voitures électriques pour les producteurs chinois, discours de la « Chine verte », réduction de la dépendance au pétrole et inondation du marché : rien n’est mis de côté. Si Tesla est aujourd’hui la seule marque à vendre ses véhicules électriques partout dans le monde avec un certain succès, la marque d’Elon Musk pourrait bien être rattrapée par ses concurrents chinois qui prévoient d’ores et déjà un million de voitures construites sur la seule année 2022, autant que Tesla l’année précédente. 


La France : proie ou prédatrice ? 

Le patron de Stellantis, Carlo Tavares (Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Chrysler, Opel, DS…), a présenté d’ambitieux objectifs. Des véhicules électriques moins chers que les thermiques d’ici 2026, douze types de voitures électriques produits sur le territoire français et une concurrence sérieuse avec les leaders mondiaux. Affirmant « ne pas jouer dans la même ligue » que son adversaire de toujours Renault, la domination du marché européen face à la Chine et Volkswagen semble être son but. Pourtant, aujourd’hui, c’est bien Renault qui domine le marché français, juste devant Tesla. Peugeot complète le podium. 

Emmanuel Macron a notamment déclaré que la voiture électrique serait l’une de ses priorités. Deux millions d’engins produits chaque année à horizon 2030 sur le territoire, et déjà un million d’ici 2026-2027, voilà un autre objectif ambitieux du gouvernement qui a déjà décrété l’interdiction de construction de véhicules thermiques d’ici à 2035. Un seuil jugé « dogmatique » par Carlo Tavares. 

La rédaction d'OMERTA

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