Géopolitique

Ukraine, l’heure de vérité

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Ce n’est pas faute de s’y être intéressés autrefois. Rembobinons le fil et revenons au mois de juin, par exemple. Depuis plusieurs semaines, les rédactions scrutaient minutieusement le moindre signe annonciateur de la contre-offensive ukrainienne. Il faut dire que celle-ci tardait à se matérialiser. On l’annonçait pour le printemps, c’est finalement en été qu’elle eut lieu. À l’époque, pas un jour sans qu’on annonçât une victoire de Kiev, sous la forme que quelques champs de blé ou d’un village au nom imprononçable conquis de haute lutte.
 
Mentalement, l’opinion était prête à cette évidence. On lui avait martelé depuis un an et demi que les Russes allaient à la catastrophe, qu’ils n’étaient pas motivés, que leur moral était au plus bas, qu’ils combattaient avec un fusil pour deux soldats ou encore qu’ils ne savaient pas pourquoi ils combattaient. La conquête de Bakhmout en mai avait été analysée comme une péripétie ou une victoire à la Pyrrhus. Le groupe Wagner avait sacrifié tant d’hommes pour l’obtenir, des hordes de prisonniers pour la plupart, qu’ils n’avaient plus de ressources. Et puis, surtout, les experts l’assuraient : Bakhmout n’avait aucune importance stratégique…
 
Lorsque les carcasses de « Leopard II » ou de transports de troupes « Bradley » tout juste arrivés sur le front commencèrent à s’accumuler dans les champs du côté de Rabotino, sur le front Sud, on ne voulut y voir que quelques péripéties liées à une adaptation nécessaire de l’armée ukrainienne au nouveau matériel livré par l’OTAN. La percée n’était qu’une question de jours, puis de semaines, puis de mois… « Les Russes ont perdu cette guerre, mais ils ne peuvent pas l’admettre », prophétisait le général Trinquand le 12 juillet dernier dans l’émission « C dans l’air » sur la 5. C’était au lendemain de la rébellion de Evgueni Prigojine au sujet duquel un autre général, Michel Yakovleff, disait « le régime de Poutine est en décomposition, Prigojine est quelqu’un qui aime l’odeur de la viande …

Régis Le Sommier

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Commentaires

Marc GUERGUIN

Il y a 2 mois

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Pas vraiment une question de sensationnel à mon avis, la guerre d’attrition est mise en place depuis plusieurs mois (disons suite au retrait russe de Kharkov), mais le bout du bout du déni de réalité et du narratif. C’est pas qu’ils ne s’interessent pas mais y revenir sans se tortiller de confusion demande un minimum d’intėgrité.

Yann MORELLEC

Il y a 2 mois

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Depuis bientôt 2 ans la presse mainstream souhaite la défaite de la Russie ...et ce n 'est pas ce qui va se passer !!

philippe paternot

Il y a 2 mois

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il reste encore quelques vieux ukrainiens à pouvoir devenir de la chair à canon... ça me fait penser à la volkstrum que gobbels créa à la fin

Alexandre Scherer

Il y a 2 mois

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Constat sobre et réaliste qui pouvait être anticipé. Mais les média mainstream ne vont pas faire leur mea culpa et tirer les conclusions de leurs erreurs. Ça sera finalement la faute de ceux qui n’y ont pas assez cru. Évidemment. Pourquoi accepter ses erreurs quand on manque d’honnêteté et on peut si simplement tout coller sur le dos de Poutine et de sa propagande?

Antoine Guyot

Il y a 2 mois

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Conflit d'attrition qui n'intéresse pas les média qui cherche du sensationnelle, du spectaculaire

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