Géopolitique

Traité de l’Élysée : une commémoration en faux-semblant

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Il y avait certes de l’émotion sous l’Arc de Triomphe, en ce dimanche soir, alors que le Souvenir français avait convié son équivalent allemand pour raviver la Flamme du souvenir qui surmonte la tombe du Soldat inconnu. Peu de personnalités avaient néanmoins fait le déplacement dans le froid glacial qui régnait en haut des Champs-Élysées, si l’on excepte Gérard Longuet, sénateur de la Meuse et ancien ministre de la Défense ou encore Louis Giscard d’Estaing, maire de Chamalières comme l’avait été son père avant lui. 

La matinée avait vu des discours convenus d’Emmanuel Macron et d’Olaf Scholz en Sorbonne, les deux hommes se déclarant favorables à des listes transnationales au Parlement européen, ce qui serait d’une part assez saugrenu et récolterait d’autre part l’opposition de nombre d’États membres de l’Union européenne. 

 
Effondrement de l’enseignement de l’allemand 

L’après-midi voyait une réunion de l’assemblée parlementaire franco-allemande au palais Bourbon. Un des discours les plus intéressants fut certainement celui de Roger Chudeau, député RN d’Indre-et-Loire. Né à Berlin et agrégé d’allemand, cet ancien conseiller de François Fillon à Matignon, désormais proche de Marine Le Pen, a souligné à l’aide de plusieurs chiffres significatifs l’effondrement connu par l’enseignement de la langue allemande en France. Pour 600 000 élèves concernés en 1994, on n’en compte plus que 147 000 aujourd’hui. Soit un effondrement de plus de 75 % en même pas trente ans. Le nombre d’étudiants allemands en France a diminué de 18 % entre 2015 et 2020. Le nombre de professeurs de langue allemande en France est passé de 10189 en 2006 à 5801 en 2021. Les chiffres sont là… 

Le but du Traité de l’Élysée était bien de rapprocher les deux pays. Pour Adenauer, il s’agissait de l’aboutissement de son engagement démocrate-chrétien et son tropisme rhénan, déterminant chez ce catholique né à Cologne. Pour le général de Gaulle, tout à sa volonté de prise de distance avec l’atlantisme, cet …

Jérôme Besnard

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