Géopolitique

Tension entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite sur la production de pétrole

 
La tension ne diminue pas entre les États-Unis et l'Arabie saoudite après les critiques menées par le gouvernement américain à l'encontre du gouvernement saoudien. En cause, la décision menée par l'OPEP+ plus de diminuer la production de pétrole de 2 millions de barils par jour au cours du mois de novembre. L’OPEP+, soit les treize membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, sous l’égide de l'Arabie saoudite, et leurs dix partenaires menés par la Russie, entendent ainsi faire flamber les prix du pétrole, au profit direct des pays producteurs. 
 
Parmi les enjeux de cette décision, le site Euronews rappelle notamment que la Russie a besoin de la vente de ses hydrocarbures pour financer son invasion de l'Ukraine. Un point d’achoppement majeur pour les États-Unis, qui voient les relations avec leur allié saoudien s’assombrir depuis plusieurs années. Le soutien des monarchies du Golfe à la Russie dans cette affaire d’énergie met en difficulté tout le camp occidental. D’autant que le président américain Joe Biden sera confronté prochainement aux élections législatives des mid-terms, et qu’une crise d’accès à l’essence aux États-Unis mettrait en danger son parti. La visite de Joe Biden à Jeddah en juillet dernier n’a donc rien changé, contrairement à ce qu’il avait laissé entendre. « Les Saoudiens ont clairement fait comprendre qu'ils se fichaient de leurs relations avec Biden », a commenté sur Twitter le politologue David Rothkopf, relayé par Euronews. 
 
Mutation des intérêts saoudiens 
 
Du côté de l’Arabie saoudite, plusieurs éléments sont à prendre en compte. Avec l’abandon du soutien américain sur l’épineuse question yéménite, le prince héritier Mohammed Ben Salman, qui incarne véritablement le pouvoir du pays, s’essaye au rapprochement avec l’Iran et avec la Russie. À ce sujet, Vladimir Poutine joue une étonnante partition islamophile, fondée sur la forte diaspora musulmane qui compose la Fédération de Russie.
 
 Si la solidité des relations bilatérales entre les États-Unis et l’Arabie saoudite est en question, c’est aussi pour l’ampleur des divergences sociétales qui anime les deux États. Souvenons-nous de la sortie de Joe Biden qui avait déclaré durant sa campagne présidentielle vouloir traiter le royaume comme un État « paria », affirmant qu'il y a « très peu de valeur sociale rédemptrice dans le gouvernement actuel en Arabie saoudite ». Vivement critiquée pour ses atteintes régulières aux droits de l’homme, l’Arabie saoudite pourrait se chercher d’autres alliés. Les dés sont jetés. 

La rédaction d'OMERTA

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