Géopolitique

Piraterie houthis : inquiétude occidentale en mer Rouge

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Le dimanche 3 décembre, le destroyer américain USS Carney a détruit trois drones lancé par les rebelles houthis de la milice Ansar Allah qui ont par ailleurs visés ce jour-là trois navires de commerce près du détroit de Bab-el-Mandeb qui sépare la mer Rouge du golfe d’Aden. Les Houthis mènent depuis 2004 une rébellion contre le pouvoir central yéménite, à dominante sunnite, à partir des provinces du nord. Chiites, ils sont financés par l’Iran, comme le Hezbollah au Liban.

Déjà, il y a deux semaines, le 19 novembre les rebelles houthis s’étaient emparés d’un roulier qu’ils pensaient être israélien, le cargo Galaxy Leader, navire britannique, mais propriété d’un homme d’affaire israélien et exploité par une société japonaise. Ce bateau a été détourné vers le port yéménite d’Hodeidah. Le navire abritait un équipage de 25 marins.

Sueurs froides côté occidentaux 


Le détroit de Bal-el-Mandel est un détroit stratégique d’une largeur minimale de 30 km entre Djibouti et le Yémen. Il demeure, entre mer Méditerranée (via le canal de Suez) et océan Indien l’une des voies maritimes les plus fréquentées du monde et, à ce titre, fait l’objet d’une surveillance particulière des marines de guerre occidentales, à commencer par celle des États-Unis. 

A travers l’action en mer des Houthis, l’Iran ouvre ainsi un front sud de basse intensité, là où la frontière israélo-libanaise fait figure de front nord dans le nouveau conflit israélo-palestinien centré sur Gaza. Voilà de quoi donner des sueurs froides aux dirigeants occidentaux qui ont bien compris que la région du Moyen-Orient était devenu un véritable baril de poudre depuis le 7 octobre, date du déclenchement d’une opération terroriste sans précédent du Hamas contre l’État d’Israël.

Jérôme Besnard

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