Géopolitique

Paris : visite des présidents de Serbie et de la République serbe de Bosnie

Aleksandar Vucic et Milorad Dodik sont à Paris pour plaider la cause de la République serbe de Bosnie, composante de la Bosnie-Herzégovine en butte à l’hostilité récurrente de l’Union européenne et de l’Allemagne qui privilégie les intérêts des communautés croate et musulmane de Bosnie. 

Le président serbe Aleksandar Vucic, 54 ans, a été accueilli aux Invalides par Franck Riester, ministre du Commerce extérieur, ce lundi 8 avril en ouverture d’une visite officielle en France. Il devait ensuite être reçu au palais de l’Élysée par Emmanuel Macron. L’un des sujets de discussions prévu était la situation préoccupante en Bosnie-Herzégovine où la population serbe peine à faire respecter ses droits protégés par les accords de Dayton signés à Paris le 14 décembre 1995 par Slobodan Milosevic, Franjo Tudjman et Alija Izetbegovic. 

La Bosnie-Herzégovine, dont la capitale est Sarajevo, est toujours politiquement coiffée d’un Haut représentant international, actuellement l’ancien ministre allemand Christian Schmidt, 66 ans, qui fut vice-président de la CSU. L’Allemagne entretien comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne de mauvaises relations avec la République serbe de Bosnie, composante de la Bosnie-Herzégovine, au contraire de la Russie ou de la Hongrie par exemple. La France demeure très prudente dans ce dossier.

Le Hongrois Viktor Orban reçu en ami à Banja Luka par Milorad Dodik

Milorad Dodik, 65 ans, principal dirigeant de la République serbe de Bosnie, entité de 1,2 millions d’habitants, est également en visite à Paris jusqu’à mercredi, selon nos informations. La semaine dernière, il a reçu les 4 et 5 avril, dans sa capitale de Banja Luka le Premier ministre hongrois Viktor Orban et l’a décoré de l’Ordre de la Republika Srpska, décoration également concédée à Vladimir Poutine. Une visite qui aurait du avoir lieu le 9 janvier dernier à l’occasion de la fête nationale de la République serbe de Bosnie, mais cette date est régulièrement dénoncée par l’Union européenne comme provocatrice. 

Cogarante de l’application des accords de Dayton, la France qui fut longtemps une alliée de la Serbie, demeure le pays européen le plus susceptible de faire respecter les droits de la communauté serbe de Bosnie-Herzégovine qui estime détenir le droit d’assurer sa propre sécurité. Comme d’autres pays des Balkans occidentaux, la Bosnie-Herzégovine est engagée dans un processus d’adhésion à l’Union européenne. Il reste que les populations serbes de Bosnie et du Kosovo souhaitent dans leur très grande majorité être administrées à terme par Belgrade malgré l’opposition ancienne des États-Unis à la constitution d’une grande Serbie. 

Jérôme Besnard

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Commentaires

philippe paternot

Il y a 1 mois

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les boches restent des boches : "l’Allemagne qui privilégie les intérêts des communautés croate et musulmane de Bosnie. " ils n'ont pas avalé la rouste qu'ils avaient pris en 39/45

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