[Nécrologie] François Thual, géopolitologue français

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Né à la fin la tourmente de la Seconde Guerre mondiale d’un père biologique résistant qui ne survivra pas au conflit, il étudie l’histoire et la sociologie, observant les évènements de 1968 depuis la bibliothèque de l’Inalco, rue de Lille. En 1984, après des débuts professionnels au sein du ministère de la Défense, il entame une longue carrière au Sénat qui le verra successivement secrétaire général du groupe centriste puis conseiller du président du groupe UMP et enfin conseiller technique pour les Affaires stratégiques du président du Sénat, Gérard Larcher. 

Dans le même temps, il est directeur-adjoint de l’IRIS (think tank fondé et dirigé par Pascal Boniface) de 1994 à 1997 et enseignant en géopolitique au prestigieux Collège Interarmées de défense (c’est-à-dire l’École de guerre, en charge de la formation des officiers supérieurs des armées françaises). Un de ses principaux élèves Aymeric Chauprade lui succédera au CID, avant d’en être écarté pour ses positions critiques vis-à-vis de la doctrine atlantiste de l’armée française. François Thual enseigna également au sein de l’École pratique des hautes études (EPHE). 

Une pensée foisonnante 

Contrairement aux approches avant tout géographiques de la géopolitique, celle d’Yves Lacoste par exemple, François Thual aimait à souligner le caractère profondément politique de la discipline, à travers le concept rationnel d’intérêt de puissance, qu’il est évidemment nécessaire de distinguer de celui, sulfureux, de volonté de puissance. Cette approche réaliste peine toujours, en France, à entrer dans les cases très formatées de l’enseignement universitaire. Avec le regretté Hervé Couteau-Bégarie (enseignant lui, la stratégie), François Thual aura eu beaucoup d’influence sur les officiers formés dans les dernières années du XXe siècle et au début du XXIe. 

Personnage parfois complexe, mais toujours passionnant et chaleureux dans les rapports humains, François Thual s’intéressait autant au judaïsme, qu’à l’orthodoxie byzantine et à la franc-maçonnerie dont il était un haut dignitaire. Parmi ses ouvrages les importants, on notera une Géopolitique du chiisme (Arléa, 1995), Le douaire de Byzance (Ellipses, 1998), Géopolitique des Caucases (Ellipses, 2004), Géopolitique d’Israël (Seuil, 2004), La bataille du Grand Nord a commencé (Perrin, 2008).

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