Géopolitique

Midterms épisode 2 : l’omniprésence de Trump

Cité dans les nombreuses unes de la presse américaine, Donald Trump soutient des prétendants républicains au Congrès sur la base de leur allégeance à ses allégations de fraude à l’élection de 2020. L’ancien président des États-Unis ne manque pas de rappeler ce qu’il estime être un trucage lors de chacun de ses discours prononcés en la faveur de ses candidats. 

Donald Trump a ainsi choisi de soutenir des candidats hors normes pour ces « midterms ». Parmi eux, l’écrivain JD Vance dans l’Ohio, que le président n’a pas hésité à railler publiquement en affirmant : « Il me lèche le c…. Il veut tellement mon soutien » d’après Le Figaro. Autres candidats soutenus : le médecin Mehmet Oz en Pennsylvanie, ou encore le complotiste Blake Masters en Arizona. Herschel Walker, candidat au Sénat en Géorgie qui a vu sa campagne entachée par des scandales personnels, notamment des violences conjugales, compte aussi parmi les candidats épaulés. 
 
Si Trump a vu nombre de ses candidats gagner lors de la primaire, parfois contre des candidats républicains plus classiques, certains ont échoué. Le gouverneur Brian Kemp ainsi que le secrétaire d’État Brad Raffensperger ont été défaits en Géorgie, malgré le soutien que leur accordait l’ancien président. Certaines figures du parti ont aussi renoncé à leur candidature au Sénat, comme le gouverneur de l’Arizona, Doug Ducey ou celui du New Hampshire, Chris Sununu, à cause des attaques de Trump à leur encontre. Le spécialiste des États-Unis Jean-Eric Branaa, interviewé dans L’Express, estime quant à lui que « l’influence de Trump n’est pas si grande » et que les candidats en course défendus par Trump ne sont qu’une centaine. 
 
Le cartographe politologue J. Miles Coleman voit dans cette omniprésence de Trump un bon présage pour les démocrates. Si les « midterms» sont souvent vues « comme un référendum sur le président en place. Ce qui devrait logiquement nuire aux démocrates, car Joe Biden n’est pas un président populaire », l’entrée en jeu de Trump pourrait changer la donne. Selon l’expert en effet, « plus il s’insère dans cette élection, plus il rappelle aux électeurs indécis pourquoi ils ont voté Biden ». Réagissant à cette contre-offensive, l’actuel président a affirmé lors de son allocution prononcée dans le Maryland : « Ce n’est pas seulement Trump, c’est toute la philosophie qui le sous-tend, c’est comme un semi-fascisme ».  

Pauline Fauré

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