Politique

Mayotte : la fin annoncée du droit du sol

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C'était le baptême du feu sur le terrain pour Marie Guévenoux, nouvelle ministre de l’Outre-mer. Celle qui milita jadis aux côtés d’Alain Madelin (dont elle fut l’attaché parlementaire) puis d’Alain Juppé, avant de devenir député macroniste des Yvelines en 2017, a accompagné Gérald Darmanin sur l’île de Mayotte. Ce département, territoire français depuis la Monarchie de Juillet, situé dans l’océan Indien, est revendiqué par l’archipel des Comores et en proie à une immigration illégale de masse en provenance de celui-ci.

Depuis plusieurs semaines, la population française de Mayotte, en proie à des agressions permanentes de la part des immigrés clandestins, proteste et manifeste. Des barrages ont même été érigés par les ressortissants français. Le gouvernement était donc dans l’obligation de réagir rapidement sous peine de voir la situation dégénéré. A Mayotte, les trois quarts des naissances sont désormais le fruit de familles étrangères et on estime à 150 000 le nombre de clandestins aujourd’hui présents sur le sol de l’île.

Le Rassemblement national satisfait


Les ministres présents à Mayotte ont donc révélé le 11 février la volonté du gouvernement d’engager dans les semaines et les mois à venir un processus législatif visant à supprimer sur l’île le droit du sol, donnant automatiquement la nationalité française aux enfants nés sur le territoire français. Une réforme qui nécessitera une modification de la constitution. Le Rassemblement national, qui réalise de très bons scores à Mayotte, se réjouit de la décision gouvernementale. Le parti de droite libérale LR également.

Cette convergence entre le centre et la droite sur la fin du droit du sol devrait permettre à Emmanuel Macron de parvenir à réformer la constitution sur ce point précis, à condition toutefois que le Conseil constitutionnel ne soit pas tenté de censurer le texte. D’ici là, le gouvernement va devoir user de beaucoup de diplomatie afin de rassurer la population française de l’île.

Depuis sa …

Jérôme Besnard

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Commentaires

philippe paternot

Il y a 1 semaines

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0

la fin annoncée ! mais une annonce de plus, qui sera retoquée par les conseils constitutionnel, d'état, de tribunaux européistes etc. les mahorais l'ont bien compris

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