Économie

Licenciements de masse, marchés inquiets : le Métavers de Zuckerberg à l’épreuve du réel

 
Fin d’année éprouvante pour la société américaine Meta Platform - anciennement Facebook, Inc -, du milliardaire Mark Zuckerberg. Présentée comme l’avenir de la technologie contemporaine, Meta est depuis cet été confronté à une résistance inattendue. Comme le rapporte le quotidien Le Parisien, sur le seul troisième trimestre, la firme a vu son bénéfice net diminuer de 4,4 milliards de dollars, et de -52 % depuis janvier. Une perte nette totale qui dépasse les 9 milliards de dollars, et dont le principal responsable est la division Reality Labs, chargée du développement du métavers. Selon la presse américaine, les premières versions du métavers, réunissent moins de 200 000 utilisateurs mensuels, après pourtant dix mois d’existence. Des pertes que ne compensent pas les revenus publicitaires de Facebook et Instagram, que chapeautent Meta. 
 
Une perte sèche qui n’est pas sans inquiéter les investisseurs, qui doutent de plus en plus des profits qu’ils pourront tirer de cet univers parallèle encore très théorique. C’est le cas du PDG de la firme d’investissement Altimeter Capital, Brad Gerstner, qui demande à Mark Zuckerberg de limiter ses investissements dans le métavers et d’effectuer des coupes budgétaires en remerciant des salariés. Résultat ? Un plan de licenciements massif devrait être annoncé dans les prochains jours par la société. Les 87 000 salariés de Meta sont concernés. Une diminution du personnel qui fait suite à une augmentation massive pendant la période du Covid, certes, mais qui n’est pas sans rappeler les licenciements en cours chez Twitter. Le vent de poupe des réseaux sociaux serait-il en train de tourner ? 
 
Le métavers : entre fuite du réel ou solution d’avenir 
 
Comme le relèvent les investisseurs, le concept de métavers, que Mark Zuckerberg tente de confisquer à la concurrence avec Meta, est encore très flou dans la tête du grand public. Qu’est-ce alors que le métavers ? On peut le définir comme une immersion complète de soi dans univers numérique qui concentre tout ce qui est déjà possible de faire avec internet, et veut tisser un lien avec le monde réel. Par exemple, plutôt que de vous déplacer au magasin pour essayer une perceuse, vous n’auriez qu’à vous connecter au métavers pour l’essayer, la démonter, la soupeser si vous avez des gants connectés, etc. Du jeu aux réseaux sociaux, le métavers est un espace immatériel dans lequel vous pourrez aussi bien voyager que travailler. Il tire son nom et le concept d’avatars de Neal Stephenson, qui les a développés dans les années 1990.          
 
Les mauvais résultats de Meta sont-ils annonciateurs d’une fin prochaine ? On se gardera d’enterrer trop tôt les vivants, comme on peut le faire avec Facebook, alors que les déboires actuels de Twitter ont pour conséquence un retour partiel des utilisateurs vers la plateforme ! Les difficultés actuelles remettent le sujet au goût du jour. Le métavers est encore une idée en germe, sur lequel parient tous les professionnels du secteur, quoique bien plus discrètement que ne le fait Meta. Microsoft a d’ailleurs racheté pour 68 milliards de dollars Activision Blizzard et tout son talentueux personnel en janvier dernier…  

Mayeul Chemilly

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