Société

L'ÉDITO POLITIQUE : Le pari palestinien de la gauche française

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En accusant Israël de « déportation » pour voir expulsé vers Paris un avocat franco-palestinien, Salah Hamouri, les amis de Jean-Luc Mélenchon pèsent leurs mots. Les députés LFI Mathilde Panot et Éric Coquerel ont, entre autres parlementaires, sont allé accueillir à l’aéroport, écharpes tricolores en bandoulière, ce trentenaire surtout connu pour en France pour ses liens étroits avec le PCF. Peu importe à leurs yeux qu’il ait été emprisonné à plusieurs reprises pour ses liens avec le FPLP, organisation marxiste-léniniste palestinienne, classée terroriste par l’Union européenne et fondée en 1987 par Georges Habache (1926-2008). Dans le passé, le FPLP fut notamment un grand adepte du détournement d’avions. 

Maître Salah Hamouri se dit victime d’un « nettoyage ethnique », l’ONU parle de « crime de guerre » et l’ONG Amnesty International utilise le terme d’« Apartheid ». La diplomatie française elle-même a condamné cette expulsion frappant l’un de ses nationaux. Des mots dont Israël à l’habitude sans que cela influe le moins du monde sur sa stratégie de sécurité intérieure. Il ne nous appartient pas de juger celle-ci. 

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est qu’elle révèle la double relation entretenue par la gauche française avec la « résistance » palestinienne. D’abord une vieille fascination pour la lutte anticoloniale, peu importe, au fond, que celle-ci ait souvent employé le terrorisme pour parvenir à ses fins, comme ce fut le cas pour le FLN en Algérie ou pour les Palestiniens. Ensuite une affection réelle pour ce nationalisme arabe dont on ne peut écarter la dimension religieuse islamique, d’autant que la composante chrétienne des Palestiniens a été de plus en plus marginalisée au cours des dernières décennies. 

La fascination de la gauche pour la Palestine est d’autant plus forte qu’elle a trouvé un débouché électoral naturel auprès de l’immigration arabe et musulmane en France qui votent désormais …

Jérôme Besnard

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