Politique

Le gouvernement des juges

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Un mythe, selon le philosophe Georges Sorel, n’importe pas tant par sa véracité que parce qu’il est « un moyen d’agir sur le présent ». « Vérité partielle » ou « imagination populaire », il nourrit la volonté bien plus qu’il ne renseigne sur la réalité du monde. Appliqué au « gouvernement des juges », la formule a de quoi étonner : ne peut-on pas, par de simples exemples, mettre au jour ce coupable ennemi de la démocratie ? N’a-t-on pas constaté jeudi dernier que tout « sages » qu’ils sont, les membres du Conseil constitutionnel n’en sont pas moins les maîtres non élus de la législation française, ayant sur elle droit de vie ou de mort ? Du juge suprême au plus humble d’entre eux, leur pouvoir d’interprétation des lois infléchit drastiquement le cours de la politique du pays, tandis que nul en France n’aura élu le moindre d’entre eux.

Au milieu des accusations, délier le mythe de ses conséquences réelles, et comprendre pourquoi les acteurs politiques s’en emparent encore après plus d’un siècle est bien le but que s’est fixé dans son dernier livre Frédéric Rouvillois, professeur agrégé de droit public. L’apport majeur d’un livre aussi documenté et, dirons-nous, froid – sinon neutre, mais non moins très bien écrit, c’est justement de remettre de telles exaspérations, légitimes ou non, dans leur contexte. 

Le constat est clair : les critiques jaillissent lorsque le juge tranche en notre défaveur. À droite, à gauche, puis à droite (« et c’est pas fini ! » comme dirait la pub) les anathèmes contre le « gouvernement des juges » auront fait le yoyo jusqu’aujourd’hui, où il revient en France dans les bouches droitières, tandis que Cour suprême conservatrice aux États-Unis reçoit les mêmes critiques depuis les bancs démocrates. Les uns accusent les autres de... ce dont ils étaient eux-mêmes accusés vingt ans auparavant. Passionnantes, ces controverses n’en sont pas moins cruciales pour comprendre les combats de coqs contemporains, truffés souvent d’absurdités politiciennes …

Alexandre Cervantes

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Commentaires

Yann MORELLEC

Il y a 1 ans

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Ces "juges" ont quand même largement contribué à imposer une politique immigrationniste depuis Giscard : arrêt GISTI '( Conseil d ' Etat interdisant de mettre fin au regroupement familial ), notion de "fraternité" inventé par Fabius pour justifier les agissements de Cédric Héroux , passeur de migrants à la frontière italienne , notion de "droit à une vie familiale" pour empêcher l 'extradition de terroristes arabes ou rouges, etc...

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