Ce dimanche 12 novembre à Paris se tiendra une marche contre l’antisémitisme. Un rassemblement à l’initiative de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et de Gérard Larcher, président du Sénat. Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre dernier, les actes de haine contre les Juifs n’ont fait qu’augmenter en France : dessins de croix gammées, agressions physiques, chants antisémites… Plus de 1 000 actes de ce type ont été relevés en seulement un mois, contre 400 sur toute l’année 2022.
Le rassemblement du 12 novembre a pour objectif l’union nationale autour de la communauté juive et contre toute forme de racisme. Mais les enjeux politiciens n’aurait-elle pas pris le dessus sur l’événement ? Nous avons posé la question à Jean-Yves Camus, politologue français. « Le but initial était de lutter contre l’antisémitisme, comme cause unanime », a-t-il déclaré. « Malheureusement, c’est devenu un terrain de jeu politique. »
En effet, l’annonce de la présence du Rassemblement national est la première grande polémique autour de cette marche. Cependant, le Parti socialiste avait déclaré que « tous les Français, quelle que soit leur position, devaient participer », tout en qualifiant la présence du RN d’« illégitime ». Le PCF et LFI ont quant à eux déclaré qu’ils ne participeraient pas à la marche dimanche. À travers un communiqué, LFI a déclaré qu’elle refusait de défiler « aux côtés d’un parti qui trouve ses origines dans l’histoire de la collaboration avec le nazisme ».
« Il faudrait d’abord que LFI reconnaisse le Hamas comme un groupe islamiste et terroriste »
Pourtant, La France insoumise était déjà sous le feu des critiques depuis leur refus de reconnaître le Hamas comme un groupe terroriste et islamiste. Après les attentats du 7 octobre contre Israël, Élisabeth Borne, Premier ministre, avait dénoncé sur BFMTV « une façon de masquer une forme d’antisémitisme » de la part des insoumis. Les attaques contre ces derniers se sont encore multipliées depuis leur décision de ne pas défiler contre l’antisémitisme. « Monsieur Mélenchon et ses amis brilleront une fois de plus par leur absence coupable », a déclaré sur X le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti.
« LFI devrait marcher dimanche. Mais pour faire les choses dans l’ordre, il faudrait d’abord qu’ils reconnaissent le Hamas comme un groupe islamiste et terroriste », nous a confié Jean-Yves Camus.
Certains, à l’exemple de Serge Klarsfled, historien et avocat, chasseur de nazis, estiment que la position de LFI répond à « des considérations électoralistes » et que la présence du RN à la manifestation tient plus pour le parti de gauche de l’excuse pour ne pas s’y présenter. Pourtant, en 2018, lors de la marche blanche pour Mireille Knoll, victime d’un meurtre antisémite, RN et LFI avaient défilé de concert sans que cela ne dérange Jean-Luc Mélenchon. De plus, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré publiquement en décembre 2019 que le RN faisait acte d’« un progrès en direction de l’humanisme » en appelant à participer à la manifestation contre la réforme des retraites à Marseille. Un compliment qu’on ne peut malheureusement pas lui renvoyer aujourd’hui…





