Géopolitique

Invasion russe : la Chine condamne sans condamner

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Publiée à neuf heures vendredi matin, la « Position de la Chine sur le règlement politique de la crise ukrainienne » en douze points n’a pas vraiment fait l’effet d’une bombe. Alors que depuis quelques jours la diplomatie chinoise faisait grimper l’attente d’une proposition de paix ambitieuse, le communiqué final est court et rebattu : un paravent de neutralité, quelques condamnations théoriques et pas de revirement dans son soutien implicite à la Russie, visitée mercredi.

Une condamnation frileuse

La Chine n’a pas fait de zèle pour affirmer sa neutralité de façade : «La souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être effectivement garanties.» Une déclaration très générale dont le poids effectif semble assez faible, et en ne s’aventurant pas à condamner directement son voisin russe. De son côté, le régime communiste ne se prive pas de menacer Taïwan d’une « unification » du même type. 

Sur le même plan, il «s’oppose aux attaques armées contre les centrales nucléaires et les autres installations nucléaires pacifiques», et souhaite que soit permises et facilitées les exportations de céréales. L’État chinois dit également vouloir «Renoncer à la mentalité de la guerre froide» et vante la résolution pacifique du conflit, en affirmant que «les armes nucléaires ne doivent pas être utilisées», tout comme les armes «chimiques et biologiques».

Le communiqué enjoint enfin toutes les puissances à « soutenir la Russie et l’Ukraine pour reprendre au plus tôt un dialogue direct ». Mais de son côté le haut responsable de la diplomatie ukrainienne réaffirmait qu’« Il n'y aura aucun marchandage sur aucun territoire ukrainien, le président (Volodymyr Zelensky) l'a déjà clairement dit ». Quant à lui Vladimir Poutine martelait mardi, face à la nation russe, que « La Russie est intervenue pour défendre les habitants de nos régions historiques, pour assurer la sécurité de notre pays ». Un objectif que la Russie ne lâchera pas, et qui n’a pas eu l’air …

Alexandre Cervantes

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