Ces derniers jours des manifestation se sont succédées en Nouvelle-Calédonie, archipel de 270 000 habitants sous souveraineté française depuis Napoléon III. D’un côté, on trouve les partisans de l’indépendance, très majoritairement des Kanaks, les habitants originels de ces îles. Il sont réuni environ 15 000 personnes dans les rues de Nouméa. De l’autre côté, les partisans du maintien des liens avec la France se trouvent principalement parmi les Caldoches, de souche européenne, et les Wallisiens venus de l’archipel voisin de Wallis-et-Futuna, réputé pour son patriotisme français à toute épreuve. Ils ont réuni de leur côté près de 17 000 personnes. Rappelons que certaines familles caldoches sont présentes depuis 150 ans sur l’île.
Le corps électoral de l’île était gelé depuis 1998, ce qui signifie que les citoyens français majeurs arrivés après cette date ne pouvaient s’inscrire sur les listes électorales pour les référendums locaux et les élections locales. Ce fut la règle pour les référendums de 2018, 2020 et 2021 (ce dernier boycotté par les indépendantistes). Afin de respecter le principe d’égalité des citoyens, l’État souhaite désormais fixer une obligation de dix ans de résidence pour obtenir le droit vote lors de ce type de scrutins. C’est une excellente chose, rendue possible par le choix des Néo-Calédoniens de demeurer au sein de la République française.
Outre l’immigration à Mayotte et l’insécurité en Guyane, la Nouvelle-Calédonie constitue un des gros dossier (en attendant celui, connexe, de l’avenir de la Polynésie française) que doit gérer Marie Guévenoux, depuis peu promue ministre de l’Outre-Mer au sein du gouvernement Attal. Issue de la droite libérale, proche d’Alain Madelin et d’Alain Juppé, elle a le mérite d’un long engagement politique. Si Édouard Philippe a bien géré le dossier néo-calédonien du temps où il était à Matignon (bien conseillé en cela par l’actuel préfet de la Manche, Xavier Brunetière), on ne peut pas en dire autant d’Élisabeth Borne sous laquelle la majorité présidentielle s’est fracassée aux élections sénatoriales, notamment en raison d’un mauvais casting (l’ancienne secrétaire d’État Sonia Backès), redonnant des ailes aux indépendantistes.
Les indépendantistes kanaks sont prompts à se revendiquer du soutien des Chinois voire des Russes, comme il s’appuyaient autrefois sur les Australiens et les Néo-Zélandais. Riche en nickel, l’archipel néo-calédonien suscite en effet bien des convoitises géopolitiques. Légitimée par les trois référendums successifs, la souveraineté française doit désormais trouver son équilibre vis-à-vis de l’autonomie administrative de l’île qui en fait l’un des territoires français les plus décentralisés.





