Géopolitique

[Édito] Ukraine, la paix se murmure entre quatre murs

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« La guerre entre Israël et le Hamas détourne l’attention de l’Ukraine. Et il s’agit d’un des buts de la Russie ». S’exprimant le 4 novembre aux côtés d’Ursula Van der Leyen, qui avait fait le déplacement à Kiev pour précisément montrer au président ukrainien que les Européens n’étaient pas en train de le lâcher, Volodymyr Zelensky a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis le 7 octobre et l’attaque du Hamas.
 
L’Ukraine a bel et bien disparu des radars devant un conflit entre Israël et le Hamas que les conséquences géopolitiques autant que l’onde de choc auprès des populations musulmanes et juives dans les pays occidentaux menacent de transformer en guerre de civilisation. Face aux tensions à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur des pays, en particulier la France, l’Ukraine et sa guerre qui dure depuis plus d’un an et demi est soudain apparue moins importante. D’autant que cette longévité du conflit a fait prendre conscience, et c’était déjà le cas avant l’attaque du Hamas, que les espoirs ukrainiens de reconquête des territoires perdus depuis février 2022 ou de retrouver leurs frontières de 1991 semblaient quelque peu irréalistes.
 
Hasard du calendrier ou prise en compte du réel face à ce qui ressemble de plus en plus à un enlisement du conflit, des diplomates américains et européens ont pris contact le mois dernier avec leurs homologues ukrainiens pour évoquer, sans les brusquer, la possibilité d’entrevoir des négociations de paix pour mettre un terme au conflit.
Il va de soi que la position des uns et des autres n’a pas varié. Côté ukrainien, on reste arcbouté sur la question des frontières -y compris celles de la Crimée – et côté occidental, on se garde bien de tordre le bras à Kiev. La paix se fera quand ils jugeront qu’elle doit se faire et nous continuons à les soutenir sans faiblir. Seulement, une fois ces choses dites, une dose de réalisme a vu le jour ces derniers temps.
 
La réunion de cinquante représentants de nations soutenant l’Ukraine …

Régis Le Sommier

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Commentaires

Yann MORELLEC

Il y a 6 mois

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1

La Russie n ' a aucune envie d' envahir cette pétaudière occidentale....elle attend que l'on fasse de l ' Ukraine un Etat fédéral ( en deux entités )neutre...

Pierre CHENET

Il y a 7 mois

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1

Merci de cette synthèse toujours très claire comme d'habitude. J'attends toujours vos informations sur ce conflit. Qu'en pense notre ami Moreau? Par ailleurs, je pense qu'effectivement, La Russie ira jusqu'Odessa, occupant la majorité des ports de l'Ukraine. La Russie retrouvera ainsi une partie de son entité avec les autres territoires annexés de facto, du moins c'est ce que je lui souhaite..

Claude ROUQUET

Il y a 7 mois

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3

Comme J-Bernard et Alain, je ne crois pas à une volonté de Poutine (et même sans lui, des prochains dirigeants de la Russie) de s'en prendre à l'OTAN, je ne crois pas plus à une volonté russe d'aller au-delà du Donbass et de la Crimée --avec une réserve pour Odessa, qui pourrait devenir un enjeu si la guerre devait se poursuivre jusqu'au dernier Ukrainien.

jean-bernard pinatel

Il y a 7 mois

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3

Cher Régis moi non plus, mais c'est vrai qu'une aile hyper nationaliste en Russie fera pression sur Poutine pour aller sur Odessa s'il y a un effondrement de l'armée ukrainienne ou un changement politique à la tête du pays. Même si je pense que ce serait une erreur stratégique car cela donnerait de la crédibilité à la dernière phrase de votre papier que je conteste comme Alain Cavrot

alain CAVROT

Il y a 7 mois

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3

L'article est bien, mais j'ai quand même été choqué par la dernière phrase. Qui a voulu provoquer la Russie en ne respectant pas les accords de MINSK? Je rappelle que selon Jacque BAUD la Russie respecte les disposition de l'OTAN en termes d'aide des voisins d'un pays qui tue sa propre population. Donc je ne crois pas à une velléité d'invasion russe vers l'Occident. Bonne continuation.

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