Politique

[Edito] Mayotte restera française

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L’île de Mayotte demeure méconnue des Français métropolitains. Cette méconnaissance conduit sur les réseaux sociaux à une suite d’assertions infondées et d’erreurs de jugement venant de militants s’affirmant aussi bien de droite que de gauche. Au nom du refus de l’immigration certains voudraient larguer l’île, tandis qu’armés de préventions décoloniales, d’autres voudraient en faire la porte d’entrée légale de l’immigration comorienne en France. 

La souveraineté mahoraise a été cédée en 1841 par son sultan de l’époque au roi Louis-Philippe, soit bien avant qu’une politique de colonisation de l’Afrique soit engagée par la IIIe République. Aucune réelle économie coloniale ne fut donc mise en place, la France se contentant d’y créer une antenne maritime dans le canal du Mozambique et d’y interdire dès 1846 l’esclavage jusqu’alors pratiqué par les populations locales. La population de l’île dépasse alors à peine 5 000 habitants. La colonisation des autres îles comoriennes (Anjouan, Mohéli et Grande Comore) fut plus tardive. Alors que Mayotte a connu d’importantes influences malgaches, les autres îles, elles, subissaient l’influence arabe de la côte orientale de l’Afrique. 

Référendums 

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing, soucieux de s’inscrire dans le sens de l’Histoire, décidait d’engager la décolonisation de nos poussières d’empire : Djibouti, les Comores et les Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). Un référendum eut lieu aux Comores avec un résultat tranché : Mayotte souhaitait rester française à 62 %, à la différence des autres îles comoriennes choisissant l’indépendance à 99 %. En juin 1975 l’UDR (futur RPR) s’empare de la question lors de ses assises parlementaires à Nice, sensibilisée par la campagne de presse lancée par l’hebdomadaire royaliste Aspects de la France et son directeur Pierre Pujo, ami de Jacques Chirac depuis Sciences Po. Giscard cède. Un nouveau référendum a lieu à Mayotte en 1976 et confirme le scrutin précédent, cette fois à 99 %. Mayotte, à rebours de …

Jérôme Besnard

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Commentaires

Dominique Baussart

Il y a 1 ans

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Gardons Mayotte, cela nous permet d'avions une deuxième base militaire dans l'océan indien ; sinon se seront les USA ou la Russie qui vont s'y implanter grace au président Comorien.

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