Culture

Dissidence : Que reste-t-il d’Alexandre Soljenitsyne ?

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Riche idée qu’a eu la revue Livr’arbitres, dirigée avec une rare abnégation par Patrick Wagner de réaliser un dossier sur l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) à l’occasion du trentième anniversaire de sa venue en Vendée à l’invitation de Philippe de Villiers. Il s’agissait de commémorer aux Luc-sur-Boulogne, le bicentenaire du génocide vendéen. Alors encore exilé aux États-Unis, celui qui a révélé au monde entier l’ampleur du système concentrationnaire soviétique est venu se recueillir sur le lieu où périrent 564 villageois exterminé par les colonnes infernales du général républicain Tureau. 

Pour Soljenitsyne, il existe un parallèle entre la résistance paysanne à la Révolution française et celle qui exista en Russie face à la Révolution bolchévique. Mais Soljenitsyne, « c’est avant tout une langue » nous prévient Jean-Louis Bachelet. « Le fait est que la manière de Soljenitsyne est tellement singulière que beaucoup en Russie ne savent plus le lire », poursuit-il. Cette langue, c’est Une journée d’Ivan Denissovitch qui l’a révélé au grand public en 1962 et qui constitue l’amorce d’une œuvre qui lui vaudra l’obtention du Prix Nobel de littérature en 1970. 

Critique de l'Occident


Le 11 avril 1975, les Français découvraient l’écrivain sur le plateau de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot. Soljenitsyne s’y heurte à la cécité de Jean Daniel, bonne conscience de la gauche française incapable de comprendre ce qui est en train de se passer au même moment au Cambodge. Suite à l’émission, les ventes du livre L’Archipel du Goulag, publié en 1973 par Soljenitsyne avant son expulsion d’URSS l’année suivante, exploseront en France. 

En 1978, Soljenitsyne allait prononcer à l’université américaine d’Harvard un discours fustigeant le modèle occidental fondé sur le progrès et la croissance illimitée. Il a intitulé son texte Le déclin du courage. Enfermé dans un « juridisme » excessif, l’Occident aurait, aux yeux du romancier, renoncé lui aussi à la liberté. Il va …

Jérôme Besnard

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